|
|
|
|
|
|
les récits
|
Carnet japonais> Note de lecture à venir. Le point de vue de l'éditeur. «Tout ce qui me touche en littérature, en art, dans mes voyages et dans la vie pourrait se résumaer à cela: mesure, clarté et mystère. C'est le Japon.» L'Escampette 2010.
30 fois 3 petits tours Depuis
plusieurs semaines Christian Garcin publie sur Facebook des ensembles de courts
textes associés à des photographies. L'ensemble est très poétique. En voici un
extrait, et quelques explications.
EVNet - Que signifient ces "trois petits tours" ?Christian Garcin - Depuis longtemps j'entasse dans des dossiers des centaines de photos, qui me plaisent ou m'intriguent, et dont je me disais que certaines d'entre elles pouvaient appeler un commentaire, une fiction, une évocation, quelque chose. Et puis un jour, soudain c'est arrivé, je serais bien en peine de dire pourquoi ce jour-là et pas avant. Tout comme je ne saurais trop expliquer pourquoi ça a automatiquement pris cette forme en trois vers - trois petits vers et puis, évidemment, s'en vont...EVNet - Et
Facebook? Le passage obligé pour un auteur? Pourquoi et comment utilisez-vous
ce média ?
C.G. - La
manière dont j'utilise Facebook : une relation à l'éphémère, des
haïkus-photos voués à la disparition sous l'empilement des précédents, mais un
espace de création tout de même dans la mesure du possible - à côté de la
dimension de simple échange d'informations, de partage, "réseau
social", comme ils disent - et dont sans cela je me serais sans doute lassé
depuis. Là, c'est un vrai petit travail, une respiration, comme des gammes que
j'accomplis journellement. Comme je ne les publierai sans doute jamais sur
papier, c'est très bien là où ça se trouve. Cela
dit, je considère cela plutôt comme une récréation : j'assemble ces
"trois petits tours" avec beaucoup de plaisir, mais ce n'est évidemment pas la
partie la plus représentative de mon travail. (Mai 2010)
|
|
La Piste mongole. Editions Verdier >>> les amis de la Piste mongole sur Facebook |
La piste mongole> Note de lecture à venir Le point de vue de l'éditeur. Où l'on part à la recherche d'Eugenio Tramonti, le protagoniste du Vol du pigeon voyageur et de La Jubilation des hasards, disparu quelque part en Mongolie. Pour le retrouver il faudra traverser des états de réalité peu ordinaires et accepter de se laisser guider par quelques personnages emblématiques : un Chinois qui présente la particularité de maîtriser ses rêves ; une chamane mongole qui s'absente parfois quelques jours pour voyager dans d'autres mondes dont elle ne se souvient pas ; une Sibérienne qui fréquente assidûment les choses invisibles ; un jeune garçon, apprenti chaman, qui vient interférer dans les rêves du Chinois ; une vieille femme aux identités mouvantes ; une divinité lacustre aux faux airs de renard ; des juments, un aigle et un loup ; sans compter quelques narrateurs, anonymes ou pas, disséminés entre Oulan Bator et Pékin, le lac Baïkal et les hauts sommets de l'ouest de la Mongolie. Les mondes se chevauchent, les histoires se répondent les unes aux autres, les fenêtres de l'imaginaire sont grandes ouvertes, les narrateurs se superposent, et le principe de réalité tremble sur ses bases, à la fois labile, humoristique et fuyant. Et ce faisant c'est une autre réalité qui se trouve posée là - ou tout un réseau de réalités qui s'entrecroisent, car l'instabilité est féconde, et la littérature s'accommode bien de ce flou des frontières. Editions Verdier. |
|
Itinéraire chinois. L'Escampette. «J’ai toujours su qu’on ne pouvait prétendre connaître une ville sans s’y être perdu au moins une fois.» |
Itinéraire chinois.Il est beaucoup question d’odeurs dans ces récits. L’odeur reconnue de la Chine, où l’auteur fait plusieurs séjours, l’auteur de l’autocar de la plage du Grau retrouvée dans un ferry à Lisbonne, celle de la cathédrale d’Agde ressentie à Belém dans un monastère, et les odeurs des vieux meubles encaustiqués de la maison familiale qui fleuraient dans un palais de Cintra. Il faut dire que les odeurs ne manquent pas quand on s’éloigne de nos régions aseptisées. « Ça sentait le beurre rance et la viande fumée, ça sentait la chaleur qui rassemble les corps quand au dehors les membres se défont à grands coups de blizzard, ça sentait la merde aussi, celle que venait de déposer l’enfant qui à présent jouait cul nu sur la paille. » A pékin il y a aussi des odeurs, mais, chose remarquable, il n’y a pas de panneaux publicitaires. Ce qui accentue peut-être l’impression de « ville abstraite, géographique. Des perspectives immenses élargissent démesurément l’espace. Les proportions incongrues de la place Tien an Men nécessitent un temps d’adaptation, pour l’œil comme pour l’esprit. » Ce qui ne rend pas très facile la mise en œuvre de l’axiome prôné : « J’ai toujours su qu’on ne pouvait prétendre connaître une ville sans s’y être perdu au moins une fois. » Une escapade à Delhi permet à l’auteur de comparer la foule chinoise, « un tissu serré et flexible qui coule autour de vous, vous englobe, vous transporte parfois, mais toujours dans la plus parfaite indifférence » à la foule indienne, là où « l’espace privé semble ne pas exister. » On voyagera également dans les pas de l’auteur au Ladakh, « pas vraiment en chine, tout à fait en Inde, et pourtant au Tibet, comme l’indiquent la langue, l’écriture, la religion, les hommes, les femmes, le ciel, les pierres, tout. » Livre agréable, d’un auteur qui tente de « réconcilier mes rêveries de hautes solitudes désertiques et les vallées rocheuses et étroites d’où je suis issu. » Les premières lignes : Dès que le train a franchi la frontière j’ai levé les yeux de mon livre car je la sentais qui m’assiégeait, soudaine, et à vrai dire tenace. J’ai été un peu surpris, mais je l’ai vite reconnue : elle n’avait pas changé depuis quatre ans. Pour tout dire, elle me semblait familière. Ce n’est pas une bonne odeur, non ; plutôt quelque chose de rance, d’un peu moisi. » Éditions l’Escampette 2001, collection Autres ciels. |
|
>>> Un voyage par le transsibérien sur les traces de Cendrars. |
Du Baïkal au Gobi> Note de lecture à venir Le point de vue de l'éditeur. La découverte du lac Baïkal en Sibérie orientale. La route ensuite jusqu'au désert de Gobi, en Mongolie. Un voyage mythique avec le passage de frontières légendaires, les rencontres avec des personnages et des situations tout à fait improbables (un billard en plein désert, un cavalier mongol qui s'enflamme au nom de Zinedine Zidane !) Mais aussi, pour Christian Garcin, la recherche du " lieu unique ", de l'habitat originel et le sentiment d'un retour aux sources. Comme dans itinéraire chinois (paru en 2001), le voyage est autant géographique qu'intérieur. L'Escampette 2008.
|
les oeuvres romancées...
Le Vol du pigeon voyageur. Gallimard. «Il ne faut parfois pas trop en savoir pour atteindre le but recherché. Soyez sûr que si l’on enseignait la géographie au pigeon voyageur, il n’atteindrait jamais sa destination.» Christian GARCIN |
Le vol du pigeon voyageur«Il ne faut parfois pas trop en savoir pour atteindre le but recherché. Soyez sûr que si l’on enseignait la géographie au pigeon voyageur, il n’atteindrait jamais sa destination.» Le point de départ de ce roman : alors qu’il vient tout juste de décider de ne plus écrire ni de voyager, un journaliste est chargé d’une mission par le patron de son journal : aller en Chine pour y faire un reportage, mais surtout pour enquêter et pour retrouver sa fille dont il est sans nouvelle. Cette petite intrique romanesque est le prétexte à une pérégrination entre Pékin et Xian, à un récit de voyage en Chine autant qu’un court roman sur la fuite, l’écriture, l’invisibilité. On découvre une ville, Pékin, la ville-lanterne «qui attire les papillons des campagnes.» Autrement dit les millions de paysans, qui viennent s’entasser dans les banlieues sordides. En quelques lignes, le voyageur hésitant nous donne un début d’initiation aux mystères de la sagesse orientale, à sa philosophie, à la mentalité et aux tournures d’esprit des chinois, «au triomphe de la ligne courbe, de la sinuosité, de la stratégie du détour.» La stratégie du contournement semble la seule comprise en ces contrées. Quelques remarques sur le voyages ponctuent ce récit, comme celle-ci : «les voyages, au bout du compte, ne servent à rien (…) que le plus loin où l’on puisse se rendre à partir d’un point donné était précisément, une fois accompli le tour de la planète, ce point, et qu’il valait mieux, tout bien considéré, ne pas en bouger, ce qui évitait d’avoir à y revenir.» Un petit livre agréable, profond, facile, au style simple, aérien. Pas mal d’humour, aussi: le poisson rouge s’appelle Fabien Barthez, et le chat Tchekhov. Les premières lignes : «Le 24e jour du 5e mois de la 13e année de Yongzheng (14 juillet 1735), Zhang Banqiao, lettre à son frère cadet Mo, du monastère Biefeng sur le Jiaoshan, un jour de pluie et de désœuvrement…» Editions Gallimard 2000, repris en Folio.«Christian Garcin a beau avoir écrit là un premier roman, il
n'est pas un débutant en littérature. On lui doit notamment de belles pages sur
des vies d'illustres ou d'inconnus (Vidas et Vies volées, respectivement chez
Gallimard et Climats). Il a fait paraître l'an dernier un recueil de nouvelles,
Rien (Champ Vallon), un autre de poèmes (Les Cigarettes, L'Escampette) et une
rêverie autour de la peinture chinoise (Une odeur de jasmin et de sexe mêlés,
Flohic). À croire que les meilleurs romanciers sont ceux qui n'en écrivent pas
beaucoup...»
|
« Fuyard pathologique » effrayé par le chaos du monde, Thomas décide, un jour assez semblable à tous les autres, de partir comme il le fait souvent vers d'autres horizons - mais cette fois, il veut tenter de trouver un sens à ce chaos. |
L’embarquement> Note de lecture à venir. Le point de vue de l'éditeur. « Fuyard pathologique » effrayé par le chaos
du monde, Thomas décide, un jour assez semblable à tous les autres, de partir
comme il le fait souvent vers d'autres horizons - mais cette fois, il veut
tenter de trouver un sens à ce chaos. |
|
|
Du bruit dans les arbresUn roman polyphonique drôle et cinglant. Gallimard 2001, Folio 2005. La jubilation des hasards> Note de lecture à venir Le point de vue de l'éditeur. Le narrateur, Eugenio Tramonti
(personnage d'un précédent roman, Le vol du pigeon voyageur) reçoit un jour la
visite d'une étrange petite dame vêtue de gris, qui dit avoir quelque chose à
lui apprendre au sujet de son père Alessandro, mort depuis plus de quarante ans
: il serait à New York, bien vivant, mais âgé de six mois environ. |
> les essais, les textes divers
|
La neige gelée ne permettait que de tout petits pas> Note de lecture à venir. Le point de vue de l'éditeur. Au-delà de la frontière, un pas
suffit et vous êtes projeté ailleurs. Juste un tout petit pas, à peine au-delà ; quelque chose qui se passe et qui ne
passe pas ; quelque chose qui se pense, tout seul, à l'intérieur de soi - et le
monde, soudain est à l'envers, le dedans dehors ou le dehors dedans. Ce sont
ces moments de crête, fugitifs et imprévisibles, implacables et quotidiens,
pleins d'une protestation muette, parfois d'un bonheur réel ou injustifié, que
livrent à notre sensibilité les personnages de ces nouvelles, moments, au fond,
sans passé ni avenir et qui ne valent que pour eux-mêmes. |
|
Livre à feuilleter sur le site des éditions Cadex |
Circé ou Une agonie d’insecte
|
|
Biographie non exhaustive Un entretien sur ce site Recherches et travaux |
Vidas. Gallimard 1993, collection L'Un et l'autre. Folio 2007 (avec Vies volées) Vies volées. Climat 1999 Que reste-t-il d'une vie ? Presque rien. Des secrets furtifs,
quelques traces, des objets devenus inutiles. Ces menus faits et ces
fragments, l'écrivain les traque, les répertorie et les imagine. Ils
constituent autant de bribes qui invitent à. la rêverie biographique et
permettent de saisir une vérité intime. Par petites touches, et mêlant
l'avéré et l'inventé, Christian Gamin restitue seize vies, illustres ou
anonymes : de William Shakespeare à la sauvageonne Amélie Sivan, en
passant par Agrippa d'Aubigné, Lazare de Magdala, Emily Dickinson ou le
troubadour Guilhem de Cabestanh. Réédition Etonnants classiques / Flammarion 2009. Fées, diables et salamandres. Champ Vallon 2003 J'ai grandi. Gallimard 2006 collection L'Un et l'autre. Le scorpion de Benvenuto. Dans ces pages, c'est le temps qui s'enroule sur lui-même et les espaces qui se confondent. Christian Garcin, à sa façon, rend ici un hommage à Borgès, l'un de ses grands auteurs, et réussit ces variations sur l'un de ses thèmes favoris : le labyrinthe... L'Escampette 2007. L'autre monde. Cet «autre monde» que Christian Garcin nous laisse entrevoir ici,
nous le devons à l'histoire étrange qui s'est tissée autour du Cerf
courant sous bois de Gustave Courbet.Verdier 2007. |
|
|