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Christophe COUSIN - Sur la route des utopies> Le point de vue de l'éditeur. Christophe Cousin est parti, durant deux ans, en quête d'Utopies: avant de sillonner les États-unis sur près de 10000 km, empruntant la route des clochards célestes, il a séjourné dans le quartier des artistes d'Uzupis, en Lituanie; a imaginé l'Utopie pirate de Libertalia, à Madagascar; a rêvé dans le squat libertaire danois de Christiania; s'est plongé dans l'étrange atmosphère du village planétaire d'Auroville en Inde. Là, il a rencontré des hommes, des femmes, des idéaux: un désir de semer les promesses d'un monde meilleur qui sera peut-être demain le nôtre... «Je vais acheter ta DeSoto toute rouillée, et puis je roulerai avec les charrettes des Amish, j'irai en Floride rencontrer Jésus et Mickey, je passerai par les rives du Mississippi, les ranches du Texas et les déserts de l'Arizona, toujours plus à l'ouest comme les pionniers du Nouveau Monde et, les roues de devant dans l'eau salée, je remercierai le Pacifique d'être encore là et San Francisco de se souvenir de Jack Kerouac.»> Mon avis. En premier lieu Christophe se fiche des symboles. Le passage de l’équateur ? « Foutu mythe. Rigolade. » Ensuite il n’apprécie guère les longues traversées en mer. « Je n’aime pas le temps de la mer. Il joue avec mes nerfs, multiplie les heures douloureuses, remplissant ma géographie intérieure de vide, toujours ce vide. Chaque jour, chaque nuit, ce même disque complaisant qui se déplace avec nous. Mes îles existent-elles vraiment ? Nulle part on trouvera sur cette planète autant de monotonie dans le spectacle, et pourtant, jamais aucun marin ne semble s’en être lassé. » Pourquoi repartir encore «par les grands déserts, les rares steppes, les hautes montagnes?» se demande l’auteur. Plus que les vastes étendues marines ou terrestres, Christophe Cousin a besoin du monde, de choses à voir, à faire, de personnes à rencontrer, avec qui discuter. Car Christophe aime parler, échanger – il est intarissable – vous êtes prévenus – comme l’est ce récit fourre tout, composé d’une foule de portraits, d’entretiens comme saisis sur le vif, de descriptions – comme celle de Vilnius, très cinématographique, l’autre passion de l’auteur – de digressions, de retours à la littérature, à l’Histoire. On y trouvera même un horoscope! Comme le titre l’indique, le fond du livre est la recherche de ces tentatives de construire autre chose, ces «mondes meilleurs» qu’on appelle «utopies», pour certaines toujours en cours. La paix, l’harmonie, la vérité suprême… Autant de concepts, d’idéaux, que l’homme a les plus grandes difficultés à manier. Auroville, Užupis, Libertalia, Christiana, Twin Oaks, Sun city... Deux ans sur les routes pour voir et tenter de comprendre. Aujourd’hui les hippies sont sexagénaires et ne sont plus que «des hommes abandonnés par leurs rêves.» Compte tenu de mon âge et de mon passé, cette phrase me touche. Mais, après tout, nous avons encore tout le temps devant nous… Et si ce n’est pas nous, d’autres sauront trouver le chemin. > Un extrait (à lire à voix haute) - « Eh voilà, bon dieu, j’étais de nouveau sur la route. C’était une belle nuit, une nuit chaude, une nuit à faire l’amour à la terre entière. La mort aux trousses, on fonçait comme des bêtes dans l’humidité noire de l’inconnu. A l’arrière de mon taxi aux suspensions cotonneuses, j’étais ivre des honteux plaisirs que procurent les comas dus au voyage tardif. Dans la «tonitruance» indienne, je jouissais de l’indifférence qu’on porte à l’existence sur les routes de l’Utopie. Je trinquais à la vie. Je trinquais à la mort. Mais on n’arrivait même pas à entendre le tintement de nos verres. Mon chauffeur aussi rêvait les yeux écarquillés. Il roulait aussi vite que si nous étions pressés. Il roulait au rythme d’un râgam nocturne interminable et lancinant, comme toujours trop fort en Inde, et qui nous procurait de petits soubresauts extatiques. Il se tenait à la dure direction de sa fidèle Ambassador et à son Klaxon en perpétuelle action. A 2 heures du matin, on était bien. Je regrettais seulement de l’avoir payé d’avance et ne m’en voulais même pas de l’envoyer à cent soixante kilomètres au sud de Madras, à Auroville. Les vitres étaient baissées parce qu’elles ne remontaient plus et, de temps en temps, il sortait le bras pour indiquer qu’il déboîtait, ou la tête pour cracher. Avec des néons verts en permanence allumés pour plafonnier, identiques à ceux que l’on trouve accrochés aux mosquées damascènes, j’avais l’impression d’être au paradis. Brahma, Vishnu et Shiva se balançaient sur la moumoute rose du tableau de bord. Telles des scolopendres surprises par le soleil, nous cillions aux phares des camions qui brûlaient le pavé. Ils nous maintenaient pourtant en vie. On les saluait en klaxonnant fiévreusement. On manquait chaque fois de se tuer. C’était drôle. C’était l’Inde. » Editions Arthaud 2007. |
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Christophe Cousin - Le bonheur au bout du guidon,Christophe Cousin est également l'auteur de Le bonheur au bout du guidon, toujours chez Arthaud. Dans ce récit fort et émouvant, il nous emmène à la rencontre du bonheur des autres. Le point de vue de l'éditeur. 833 jours d'aventures, 30 000 kilomètres parcourus à vélo et 27 pays traversés. Alors qu'il est responsable d'une start-up, Christophe Cousin fait le choix de la réalisation de soi et part, seul, avec la naïveté de celui qui ne sait ce qu'il cherche. Se perdre dans les souks d'Alep, sur les sentiers du Cambodge ou les cimes himalayennes, s'imprégner des cultures pour découvrir le monde avec des yeux différents. Mais aussi se retrouver prisonnier en Syrie, suspecté d'être un espion israélien, connaître l'enfer sur la route de Bénarès, subir l'isolement extrême en pleine tempête de neige en Nouvelle-Zélande ou la faim et le froid sur les pistes de Catamarca, en Argentine. Si la souffrance et le doute sont indissociables d'un tel voyage, le sourire d'un moinillon du Ladakh, la fraîcheur de vie des gosses au Pérou ou l'odeur des moissons au Vietnam ont les couleurs du bonheur. Editions Arthaud. Le bonheur au bout du guidon est un film de Christophe Cousin qui verra en effet le jour sur la chaîne Voyage en janvier 2009, sur un voyage qui se termina il y a quatre ans. 30 000 kilomètres à vélo autour de la Terre. 2 ans et demi de routes. Voir le programme sur le blog du voyageur. |
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> Le blog de l'auteur - Présentation de l'auteur sur le site Étonnants voyageurs - Entretien sur l'Internaute - |
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