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«Les formes supérieures du voyage sont le déplacement à cheval ou en bateau.» Francisco COLOANE
Le vieux loup du Grand Sud nous sort un dernier tour de son sac : l'histoire
de sa vie, rien de moins.
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Francisco COLOANE - Le passant du bout du mondeCe n’est pas un récit de voyage, mais une autobiographie… voyageuse. Une version réelle des contes et récits de Coloane. «J’ai vécu plus que ce que j’ai pu écrire et me rappeler», écrit l’auteur, pour qui mer et mère sont très proches. «Dans la maison, une passerelle en bois reliait la cuisine à la salle à manger. A marée haute la houle arrivait sous la chambre, si bien que je n’ai guère tardé à passer de la rumeur des eaux maternelles à celles des eaux de la mer.» La mer qui reste encore un mystère. «C’est curieux, on dit que la vie et l’homme viennent de la mer, mais celui-ci a beau avoir marché sur la lune, il n’a pas encore été capable de fouler les grands fonds marins.» Une autobiographie, écrite à 90 ans, mais : «je voudrais pourtant essayer de me souvenir de faits isolés où fiction et réalité sont mêlés.» On ne peut donc jamais être vraiment certain, comme dans ces récits, si la réalité dépasse la fiction ou inversement. «Au souvenir de ces années à l’estancia Sara, j’ai l’impression de mieux comprendre comment et pourquoi j’ai écrit. C’est en mêlant faits réels et fantaisies...» On peut néanmoins supposer pour vraie qu’une «des tâches les plus délicates que l’on est amené à faire dans une estancia est celle de châtreur à dents.» Trois milles agneaux en un mois... Et c’est peut-être parce qu’on lui a dit un jour que les bons écrivains ne réussissent pas toujours leurs récits de voyages que Coloane écrit au lit... L’endroit est agréable, et de plus le sommeil et le rêve prolongent l’inspiration. Il faudra essayer. Et peut-être un jour écrire quelque chose comme : «Les formes supérieures du voyage sont le déplacement à cheval ou en bateau.» Normal pour quelqu’un qui a longtemps connu les immenses territoires de la Terre de Feu, et les îles qui, à marée basse, sont moins nombreuses qu’à marée haute. «Comme si la mer décomposait et recomposait un puzzle au gré de ces caprices.» Un bon livre de souvenirs, d’un autre pays et d’un autre temps. Dépaysement garanti. Poursuivre la lecture par les récits comme Cap Horn ou Tierra del Fuego, par exemple. Les premières lignes. «Les pages qui suivent décrivent un parcours accidenté, dont le tracé s'est ébauché dans des dizaines de carnets, sur des feuilles volantes ou des serviettes en papier de bars, que j'ai accumulés pendant de longues années.» (Éditions Phébus 2000.) |
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Francisco COLOANE - Tierra del fuego et Cap HornIl ne s'agit pas de récits de voyages selon la définition habituelle. A la lecture de ces histoires on ne sait trop ce qui est vrai, ce qui a été vécu ou imaginé. Et le voyage n'est pas le thème principal. Ce serait plutôt l'errance, une errance pas toujours acceptée, souvent forcée. Mais la présence de la nature à toutes les pages, une nature hostile le plus souvent -«dans la journée, notre sensation d'être sur terre est quelque peu sommaire.»-, justifie la présence de ces ouvrages sur cette page. Les paysages chiliens sont féeriques et mortels à la fois. «Tout, ici, semble mort; on dirait la naissance ou la limite d'une planète inconnue; mais le plus extraordinaire est cette langue de terre, de sable et de pierres qui s'avance loin dans la mer.» D'ailleurs, où est-il vraiment, ce pays? «Le voyageur qui traverse pour la première fois la Terre de Feu et qui arrive sur ce rivage de l'Atlantique y découvre une île qui ne figure pas sur les cartes.» Il existe bien, pourtant, puisqu'il y a des chevaux sauvages, un vent qui déchire tout, une mer qui engloutit le reste, et au milieu de tout ça, des hommes. Les hommes et leurs rires, leurs plaintes, leurs espoirs, leurs rivalités, leurs amitiés, leurs combats. Des hommes «qui sont capables du pire si on leur laisse les mains libres.» Des hommes tantôt prisonniers, comme le montre bien cette phrase: «Et Handler se tut, les yeux fixés sur le poêle ronflant, à l'intérieur duquel les flammes prisonnières léchaient les parois de métal.» Des hommes tantôt libres: «Il remonta en selle et d'un trot paresseux tourna bride vers le sud, tandis que vers le nord s'évanouissait la nuée d'oies sauvages, comme un morceau de la pampa fuégienne fuyant les cruelles rigueurs de l'hiver qui approchait.» De superbes histoires de vie et de mort, dont la lecture est indispensable si vos pas vous conduisent en Terre de Feu. Les premières lignes de Cap Horn. «Même les oiseaux deviennent féroces sur cette terre maudite! proféra la femme du berger en dégageant la neige accumulée sur le seuil du ranch.» (Éditions Phébus, repris au Seuil / Points.) |
A lire aussi...
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Le sillage de la baleine. Pedro Nauto, né de père inconnu, découvre au sortir de l'enfance la violence du métier de vivre : la mort (on retrouve le corps de sa mère, noyée), la brutale amitié des hommes, qu'il côtoie dans les tripots de Puerto Montt, l'amour enfin... Mais Pedro est enfant naturel, et comme tel rejeté de tous. Il décide de quitter les îles pour partir à l'aventure, et s'embarque à bord du Leviatan, un baleinier qui fait route vers l'Antarctique, commandé par le capitaine Julio Albarran, vieux loup de mer au bout du rouleau... Considéré comme son livre le plus ambitieux, son Moby Dick en quelque sorte, Le Sillage de la baleine est un roman total, violent et généreux. Un roman ennemi de la mesure et de la précaution, mais ouvert comme aucun autre sur le vaste mystère du monde. Phébus, puis Le Seuil Points. Le golfe des peines. Recueil de 18 nouvelles écrites en 1945 et célébrant la dure vie des marins autour de la Terre de Feu. Pour tous ceux qui ont subi le choc de Tierra del Fuego et de Cap Horn, Francisco Coloane nous propose une ultime brassée d'histoires soulevées par la violence du Grand Sud, où se croisent marins déboussolés, Indiens dépossédés de leurs terres et de leurs songes, chasseurs de phoques soûlés de sang versé pour rien, cavaliers sans feu ni lieu. Phébus puis Le Seuil Points. Naufrages. Comme toujours chez Coloane ou presque, on a affaire à l'un de ces livres inclassables, hirsutes, où la fiction et l'autobiographie poursuivent une étrange partie de cache-cache. Écrit dans le sillage du Passant du bout du monde (Phébus 2000), qui avait surpris la critique par sa verdeur intacte, par sa jeunesse déraisonnable, Naufrages peut se lire comme le chant d'adieu d'un homme qui s'est toujours ingénié à conformer sa vie - et son œuvre aux rands rêves de son enfance. Une leçon de fidélité. Et une nouvelle invite à prendre le large. Phébus. Antartida. Alejandro et Manuel Silva, enfants du Grand Sud, s'allient à deux drôles de comparses pour affréter un cotre, l'Agamaca, et s'en aller trafiquer par-delà le cap Horn, dans les eaux prometteuses de l'Antarctique. Phébus. Le dernier mousse. Au début du siècle, la corvette Général Baquedano, voilier école de la Marine chilienne, quitte Talcahuano et se dirige vers le cap Horn. A son bord, Alejandro, un gamin de quinze ans embarqué clandestinement, va se frotter aux dures réalités de la mer et du métier de marin. Au bout du voyage, il découvrira une terre sauvage et belle, située aux confins de l'hémisphère Sud. Ce court roman d'apprentissage où se mêle l'épique de l'univers maritime et la beauté magique des paysages glacés, a conquis en Amérique latine un large public ; ce qui a permis à Alvaro Mutis, introducteur chez nous de l'œuvre de Coloane, de considérer ce dernier comme un nouveau Jack London. Phébus puis Le Seuil Points. El guanaco. La maison de Riera le Pelé, dans le Grand
Sud chilien, accueille gens de mer et de terre, chasseurs de phoques ou de
baleines, chercheurs d'or, gardiens de troupeaux. Entretiens avec Francisco Coloane. Souvenirs du bout du monde, présentés par Virginia VIDAL, éditions Terre de brume 2004, collection Caravelles. L'universitaire chilienne Virginia Vidal s'entretient ici avec Francisco Coloane. Le prétexte en est un film de rencontres où le patriarche de Chiloé raconte, sans complaisance, mais avec une saine jubilation, les avatars de sa longue existence. Pour aller plus loin: d'Orient et d'occident; une bio sur bibliomonde et un entretien sur Regards |
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