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André COUTIN - Le passage e l'homme. |
André COUTIN – Le Passage de l’homme. Le détroit de Béring, porte de l’humanitéLa mer de Béring serait la mer la plus peuplée du monde. «Peuplée d’âmes errantes, de fantômes, de cadavres et d’épaves.» Dans les années 50, l’auteur préférait le vêtement polaire au maillot de bain, et les oumiaks, longs canots en peau de morse, aux voiliers de la baie de Saint-Tropez. Il décida d’aller voir. Passage obligé de l’homme entre Alaska et Tchoukotka, «fabrique de rêve», rêve américain contre utopie russe, le passage entre les îles Diomède, a probablement été LE passage de la civilisation, le passage de l’Homme de l’Ancien vers le Nouveau monde, le «pont de l’évolution humaine.» Franchir le détroit de Béring, à pied sur la banquise, même à l’envers entre l’Amérique et la Russie, était non seulement un rêve de gosse – «la boussole que j’ai dû avaler à ma naissance m’a irrésistiblement attiré vers le nord» –, mais un véritable exploit physique. Sans compter que les méridiens ne sont plus parallèles, et que les paysages sont différents selon les saisons. Mais quand on y croit… L’auteur revient également sur l’histoire de ce passage et les noms célèbres du coin: Willem Barents, envoyé par les hollandais; Semen Dejnev, qui découvre le détroit en 1648; l’expédition commanditée par Pierre le Grand, et conduite par Vitus Béring, un danois. Sans oublier Paul-Émile Victor, Boris Chichlo, Jean Malaurie et Emeric Fisset. Ce dernier étant le dernier à avoir tenté une traversée en solitaire. Livre attachant, un brin lyrique, mais ce ton s’accorde bien aux régions décrites et aux conditions extrêmes. Les premières lignes: «La Prairie, elle d’étendait aux confins, majuscule, dans une perfection de graminées. L’herbe grasse et les points d’eau attiraient des brouteurs par milliers. Elle était ce que le rêve perdu appelle un paradis de la faune en liberté. Troupeaux paissant et s’ébrouant, oiseaux picorant et pêchant, cueilleurs de baies savoureuses. Ces riches pâturages recouvraient une région que les peuples boréaux désignaient sous le nom de Béringidi.» Éditions du Rocher 2005. |
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Gilles ELKAIM – ArktikaQuatre ans d’odyssée sur la banquise Que dire sinon que pour moi il s’agit plus que d’un voyage, il s’agit d’exploit. Jamais je ne rallierai le cap Nord au détroit de Béring en Kayak, à skis, en traîneau à rennes ou à chiens. Jamais je ne vivrai pendant quatre ans avec des températures qui descendent jusqu’à -50. Jamais je ne deviendrai même le centième de cet «homme de la toundra» que Gille Elkaim est devenu, avec ses «clochards de l’Arctique», entendez ces chiens d’attelage les plus endurants. En plus d’une détermination à toute épreuve, de la ténacité - (comme le dit le 6ème commandement du voyageur polaire: ravaler sa vanité, entretenir sa ténacité) - ne faut-il pas avoir une réellement une fibre, un gène particulier, pour faire ça? Marcher et survivre. Dans des conditions que l’on finit, je suppose, par apprivoiser, mais quand même. «Que cherches-tu, toi, pauvre voyageur dans ton errance? Quelle est donc la quête qui motive chacun de tes pas? » Quitte à frôler la mort. C’est peut-être pour tout ça que les récits de ces voyageurs de l’extrême nous passionnent. Comme la série de films tirés de ces expéditions, le livre se termine par un post-scriptum de Pouchok, le chien de tête à qui le maître délègue le mot de la fin: « foi de laïka, on y retournera!» Les premières lignes «Ma petite maison ressemble à un dessin d’enfant. Elle est bâtie près d’une chapelle, au cœur de la campagne bretonne. A l’intérieur, je voyage en observant l’atlas du monde affiché au mur. Je ne séjourne au creux de ce vallon des montagnes Noires que le temps nécessaire à la préparation de mes expéditions. J’ai, depuis vingt ans, parcouru une bonne partie de la planète, d’abord en tant que simple baroudeur, puis comme reporter photographe. Mas ce matin, j’entends un appel venu du plus profond de mon être, qui me contraint à suspendre mon travail et à méditer sur l’avenir.» Éditions Robert Laffont 2005. |
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«La mythique falaise de 424 mètres est comme une imposante forme noire surgie des flots.» Bruno d'Halluin - La Volta.Voir le site La Volta I vers le cap Horn, et le voyage de la Volta II vers l'Islande dans le sillage des Vikings. |
Bruno d’HALLUIN – La Volta. Au cap Horn dans le sillage des grands découvreursC’est sur le lac d’Annecy que Bruno d’Halluin s’est familiarisé avec la navigation. Puis il a mis le bateau à la mer et a bourlingué. Le rêve, enfin : le mythique cap Horn. Le rêve pouvait-il devenir réalité ? Le bateau est baptisé la Volta, du nom de la célèbre route hauturière ouverte au Xve siècle par les navigateurs portugais et leurs caravelles. Une route qui montre qu’en mer le meilleur chemin est rarement la ligne droite. Juin 1997 : c’est le départ de l’île d’Oléron, pour Lisbonne, puis les îles du Cap-Vert. Une première longue escale qui montre que l’objectif cap Horn est doublé d’une volonté de s’arrêter et de rencontrer les autres. Pour l’auteur, la rencontre requiert la lenteur, seule la halte prolongée permet d’appréhender les lieux et de favoriser les contacts. Puis c’est la traversée de l’océan Atlantique, «le roi des océans.» Salvador de Bahia, le Brésil, escale avant la descente vers le Sud. Évidemment, et malgré quelques autres tempêtes, le morceau de bravoure est le passage du fameux cap. Il est 3 heures du matin. «On y est.» La Volta fait son entrée dans les flots du Pacifique. «La mythique falaise de 424 mètres est comme une imposante forme noire surgie des flots.» Un moment dont rêve tout marin, comme tout alpiniste rêve de la plus haute montagne. Un rite qui donne des droits, comme celui de «cracher au vent.» Le voyage se poursuit dans des contrées fabuleuses : les canaux de la Terre de Feu, dans le sillage de Drake et Magellan. Escales à Ushuaia l’Argentine, et Puerto Williams la Chilienne. Quelques déceptions : ça sent un peu trop le tourisme. «Le bout du monde n’est plus ici.» Dans ce livre, l’auteur mêle le récit de son propre voyage à des digressions sur l’histoire de la navigation hauturière. Nous n’avons pas oublié les Colomb, Magellan, Drake et autres découvreurs, mais ces rappels sont pertinents. Par ailleurs, ce livre n’est pas qu’un ouvrage sur la navigation (la technique est discrète, et les termes marins sont expliqués dans un glossaire fort utile) : les rencontres et découvertes avec le milieu lors des escales sont également décrites. Enfin, une série de photos en rapport avec le texte permet de se faire une idée de la beauté de la mer et des régions accostées. Indispensable si vous tentez le cap Horn ! Les premières lignes : «Voilà le vent du nord qui rentre. Oui, le vent espéré est là, fidèle au rendez-vous que nous lui avons fixé aux abords du cap que l’on découvre à bâbord. Il nous porte vers le point cardinal qui cristallise nos espérances, vers lequel nous voulons tracer un sillage de milliers de milles : le Sud.» Éditions Transboréal 2004.Né en 1963, Bruno d'Halluin s'est familiarisé avec la navigation sur le lac d'Annecy, d'où il est originaire. Informaticien, moniteur de voile, il a bourlingué le long des côtes bretonnes, vers l'Irlande et dans les Caraïbes. Une première traversée de l'Atlantique comme équipier lui a donné le goût du grand large, avant qu'il n'appareille pour le cap Horn |
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La revue Chemins d'étoiles N°12, éditions Transboréal.
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Chemins d'étoiles N°12 - Îles funestes, îles bienheureusesCe troisième numéro de la nouvelle série de la revue Chemins d’étoiles nous parle d’îles. Toutes sortes d’îles. Des îles de légende de notre enfance aux îles escales pour nos rêves d’adultes. Des îles paradis aux îles d’exil. Une quarantaine d’auteurs ont participé à ce numéro bien rempli. «Posées sur l’océan, les îles sont comme des pierres d’attente pour le voyageur, des jalons dans l’immensité des mers, à l’instar des étoiles du firmament» écrit Franck Lestringeant dans un remarquable entretien sur le thème L’atlas insulaire : voir et dire le monde. Toute aussi passionnantes sont les contributions de Patrick Prado sur les îles flottantes et autres mythiques îles-baleines ; de Claude Aziza sur les îles aux trésor, la fièvre de l’or et les «aventuriers du large perdu.» Comme toujours dans cette revue, c’est un large tour d’horizon sur le sujet qui est proposé, et bien d’autres textes vous entraîneront dans des histoires très variées : la cartographie médiévale, les utopies insulaires, les terres fantômes des régions polaires, la «géographie de la peine» et les îles prisons. Sans oublier Robinson Crusoé, l’île de Pâques, Aran, Cythère, l’archipel du Vanuatu, les Kerguelen… Après un voyage obligé dans le passé, et de captivants textes de chercheurs et ethnologues, retour à nos jours, avec un article sur les minuscules états insulaires plus ou moins puissants, voire plus ou moins réels quand ils sont créés de toute pièce ; des reportages sur des explorations actuelles (Ulysse en Méditerranée ; Clipperton) ou des coups de cœur (Les Galápagos de Diane de Margerie). Un cahier de photos et de nombreuses informations (livres, films…) complètent la lecture de cette revue. Chemins d’étoiles N°12, éditions Transboréal 2004. |
«Les aiguilles du vent me tricotaient la chair.»Anatole LE BRAZ |
Anatole LE BRAZ – Îles bretonnes«Les aiguilles du vent me tricotaient la chair.» C’est avec un évident plaisir que Le Braz sillonne ces îles, leurs côtes, leurs vallons, les « mares profondes, aux transparences glauques, qui dorment entre les rochers», les grèves, les ports, et les chapelles, dans lesquelles «quelques îliennes sont déjà là, accroupies, toutes noires, contre le mur, priant en silence.» La nature est décrite comme pour un croquis: «quelques petites maisons blanches avec quatre ou cinq ormes dépouillés faisant étendard au-dessus, dans le vente d’est.» Ailleurs, on verra, comme sur la palette d’un aquarelliste, «un ciel enveloppé, un vague ciel d’estompe» sous lequel on croisera quelques lavandières. Bien sûr, l’essentiel des récits tourne autour de la mer. La mer est au centre de tout. La mer et la fascination qu’elle exerce sur les hommes. La mer et son grondement, le krosmol, «un bruit qui change sans cesse de note en ayant l’air de chanter toujours le même chant.» La mer et ses sentinelles: les phares. Et dans les phares, des hommes qui ont des tas d’histoires à raconter. Peut-être pour tuer le temps. Des histoires de mer, de mer et de mort, les morts de la mer, les revenants, parfois sur un bateau fantôme. Ces visites dans les îles bretonnes à la fin du XIXe (en 1897 ou 98 à Sein ; 1908-1909 à Belle-Île)) nous en apprennent beaucoup sur la dure vie du monde des marin de l’époque, que le folkloriste a transcrit le plus fidèlement possible, en y ajoutant sa tonalité personnelle. Les évidentes qualités littéraires de l’auteur rendent la lecture agréable, voire passionnante. Aujourd’hui les textes de Le Braz sauvegardent un patrimoine culturel. Les premières lignes : «Nous sommes partis, ce samedi, veille de Pentecôte, pour nous rendre à Sein. Les indications que nous avons sur les départs du bateau sont vagues. Mais nous sommes résolus à subir tous les hasards. Et nous voici en route.» Editions Terre de Brume 2004. |
Revue Chemins d’étoiles N°10 - Imaginaire du Grand Nord«Il y a fort longtemps, les animaux étaient des hommes, et de tous les animaux, l’ours blanc est resté le plus proche de l’Inuk.» Le grand Nord est un vaste sujet, comme sa géographie, et suscite bien des question : Est-ce un mythe ou une réalité ? Pourquoi cette région si inhospitalière fascine-t-elle autant ? Cette livraison de la revue Chemins d’étoiles tente d’apporter des éclairages en faisant appel aux «spécialistes» de l’Arctique dans chaque discipline : écrivains, artistes, ethnologues, photographes, aventuriers… Ainsi, après un éditorial de Gaëlle de La Brosse, rédactrice en chef de la revue, nous pouvons lire, à l’intérieur de grandes sections (Cheminements ; Repères ; l’espace et le temps ; passeurs ; lire, voir, écouter), des articles tous plus intéressants les uns que les autres. Par exemple « l’apprentissage polaire » de Arnaud Tortel ; l’épopée arctique de Kim Hafez et de son chien Unghalak ; ou la naissance du Vagabond, le voilier polaire de Éric Brossier. D’autre contributions, à caractère sociologique ou ethnographique, nous permettent de mieux connaître diverses mœurs locales : le renne, le chamanisme, le rituel de mort volontaire, l’ours blanc, «l’égal de l’Inuk» par Emeric Fisset ; l’iglou et la banquise, lieu et espace emblématiques. On lira également des entretiens avec de grands connaisseurs du sujet : Jean Malaurie, auteur de l’incontournable Les Derniers Rois de Thulé, paru en 1955, est interrogé sur le caractère sacré du Grand Nord, et sur l’intelligence de la nature selon les peuples de l’Arctique ; Jean Louis Etienne, le « pèlerin du Pôle », raconte comment ses aventures ont transformé sa gloire en quête personnelle ; Philippe Rohan rencontre Jorn Riel, écrivain danois, conteur « débordant d’humanité », pour une invitation à voyager dans la littérature. On lira bien d’autres articles, sur la musique, la peinture, le cinéma, la politique… dans cette revue bien remplie et richement illustrée, qui se présente ainsi : Chemins d’étoiles occupe un espace original dans le paysage des revues. Accueillant toutes les disciplines, elle mêle la découverte des pays et des cultures à l'exploration de la pensée et de l'imaginaire. L'homme est un être en marche et le voyage l'expression privilégiée de son cheminement. Tel est le sens du sous-titre «Invitations à l'itinérance»: à la rencontre des mythes, des savoirs, du patrimoine. Les premières lignes de l’éditorial de Gaëlle de La Brosse : «Les contes sont le moyen d’expression favori du peuple inuit. Au cœur de sa culture orale, ils reflètent sa sagesse et sa mémoire vivante. L’un d’entre eux, rapporté par Knud Rasmussen, raconte qu’un corbeau, survolant la mer, fut aspiré par une baleine et atterrit dans son ventre. L’obscurité y régnait comme au fond d’une caverne. Soudain, il aperçut une lueur : c’était la flamme d’une lampe à huile, soigneusement entretenue par une jeune fille.» Lire la suite dans Chemins d’étoiles – Invitations à l’itinérance, N° 10 – février 2003 – éditions Transboréal. |
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Maurice OBREGON – Ulysse et Magellan… Les premiers navigateursPeut-on résister à l’horizon? Ce petit livre nous entraîne sur les traces de célèbres navigateurs et livre quelques points de vues sur leurs découvertes. On apprendra par exemple que les Grecs, prudents, longeaient les côtes, alors que les Polynésiens, «marins d’eau profonde», étaient beaucoup plus aventureux. Ces deux peuples explorèrent le monde sans pourtant jamais se rencontrer. Après quelques hypothèses sur l’influence des vents, du matériels (bateaux, voiles) et de l’évolution des équipements, nous suivons pas à pas les pérégrinations vers l’Orient des Argonautes conduits par Jason ; le voyage d’Ulysse vers l’Ouest ; les voyageurs Arabes vers l’Est et les îles aux épices ; les explorations, enfin, des Vikings vers le Pays du Vin. Ces voyages sont relativement détaillés. Les hypothèses des parcours ont, semble-t-il, été vérifiées sur place par l’auteur. «Cette route, je l’ai suivie, et je peux certifier que les descriptions des sagas sont exactes.» Mais tout ceci me paraît un peu court : on aimerait en savoir plus. Intéressante, la postface d’Isabelle Autissier, qui résume ainsi cette épopée maritime : il y eut d’abord le cabotage. Le hasard des courants entraîna malgré eux des marins en haute mer. La peur vaincue, l’habitude, les avancées de la science nautique, conduisirent à une révolution mentale et un choix volontaire d’aller vers l’inconnu, l’infini. Elle conclut par cette jolie phrase : «Rien n’a changé, sur la planète océan. Les vagues passent, les hommes passent, l’océan demeure.» Un livre pour débuter dans l’exploration des découvertes maritimes, mythiques ou réelles. Les premières lignes : «S’il veut voir plus loin que l’horizon, un homme doit se tenir sur les épaules d’un autre, disait Isaac Newton. La découverte de l’Amérique fut un extraordinaire coup de chance, mais la chance effleure de ses ailes nombre de joues, et très peu ont la présence d’esprit de la saisir.» Éditions Autrement 2003. Postface d’Isabelle AUTISSIER.A lire aussi Christophe Colomb dans la mer des Antilles, au Mercure de France. |
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