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le guide de lectures > par les mers et les déserts >> Björn LARSSON


Björn Larsson, né en 1953, maître de conférences en français à l'Université de Lund en Suède, est également marin et romancier. Il a connu un succès international avec Long John Silver en 1995 et a obtenu le prix Médicis et 1999 avec le Capitaine et les rêves. Sur cette page:

Bjorn LARSSON - La Sagesse et la mer - Du cap de la Colère au Bout du monde - Le Capitaine et les rêves


Bjorn LARSSON - Besoin de liberté


 

 

Björn LARSSON - Besoin de liberté

Je n'ai pas encore lu ce livre. Voici le point de vue de l'éditeur.

Un homme libre, écrit Björn Larsson, c'est un homme qui possède un robuste navire au mouillage, qui a sur son compte bancaire de quoi régler les impôts de l'année prochaine, et qui peut partir à tout instant, sachant que nul ne pleurera son départ et que personne ne l'attend sur une autre rive

Il dit encore, Björn Larsson, qu'il ne connaît guère d'homme plus doué pour la liberté que lui-même.

Indépendant. Farouchement Indépendant. Animé d'une sorte de vigilance méticuleuse qui protège ce choix initial dont il nous conte la naissance complexe et l'épanouissement qui ne l'est pas moins. Car Björn Larsson, tout indépendant qu'il est et reste, ne dédaigne pas la cité. Ni les amis, ni les amours, ni son enfant. Ni ses recherches universitaires. Ni sa production littéraire dont le foisonnement étonne. Avec une franchise absolue, il expose le dilemme dont sa vie est tissée: intransigeant, il négocie sans s'arrondir.

Besoin de liberté est le premier récit que Björn Larsson ait écrit directement en français.


«Peut-on appendre quelques chose de la vie, sur un petit bateau à voile et sur la vaste mer?» Björn LARSSON – La Sagesse et la mer - Du cap de la Colère au Bout du monde


 

Björn LARSSON – La Sagesse et la mer - Du cap de la Colère au Bout du monde

«Peut-être que le désir de voyager est l’aspiration la plus fondamentale de l’humanité, une fois satisfaites celles de pain et d’amour», écrivit Harry Martinson, écrivain suédois (1904 – 1978) et Nobel de littérature. Larsson pose le problème ainsi : «rares sont ceux qui désirent disposer en permanence de la possibilité de partir et de tout laisser derrière eux.» C’est pourtant bien ce qu’a fait l’auteur, qui se décrit modestement comme «un plaisancier, historien amateur et auteur de roman.»

Larsson voue «un culte au mouvement et à l’absence de racines» et pense qu’il faut voyager «à une certaine allure, qui est celle de l’être humain et non celle des moyens de transport.» Le bateau à voile convient parfaitement. Naviguer, essentiellement dans les eaux de The Celtic Fringe (Écosse, Irlande, Galle, Bretagne, Galice) permet de rencontrer des gens et parfois de… les quitter aussitôt. Ce récit est aussi l’occasion de faire le portrait de quelques uns de ces navigateurs amateurs, amoureux de la mer, de la solitude. Naviguer" w:st="on"> la solitude. Naviguer, enfin, permet d’apprendre d’autres façons d’être: les revirement météo enseignent à «estimer» plutôt que de penser savoir avec certitude. Combien de gens osent-ils vivre «à l’estime »? Combien pensent que le calme et la concentration sont des vertus, des valeurs essentielles? Combien sont capable de compromis et d’emprunter des «voies moyennes» dans un monde plutôt directif ?

«Peut-on appendre quelques chose de la vie, sur un petit bateau à voile et sur la vaste mer?» Ce récit pose des questions et tente parfois d’y répondre. Pourquoi risquer sa vie en mer, de la promenade en amateur au Vendée Globe? («J’ai une mère dont le père et le mari se sont noyés en mer.») Qu’est-ce que le sentiment de danger devant une mer démontée crachant l’écume? Quels sont les manques et les limites en matière d’amitié et d’amour? C’est quoi être libre? Ce récit est «un livre de réflexions sur la vie telle qu’on peut la voir depuis le cockpit et le pont d’un voilier.» C’est aussi un hommage à Martinson, dont les récits sons considérés par Larsson comme «les plus beaux livres de voyages de l’histoire de la littérature.» Naviguer c’est se souvenir, écrit Larsson, parce qu’après le rêve puis la réalité, il reste des traces indélébiles qui fabriquent un homme. Le vagabondage, le bonheur, la liberté.

«Notre idéal ne devrait pas être le calme plat qui peut transformer la mer en marécage, ni l’ouragan, mais le grand et puissant alizé, plein de vie, de joie, de force et de santé, balayant le monde de son souffle perpétuel.» Harry Martinson.

Les premières lignes de Voyager: «C’était au début de l’automne, à Kinsale, sur la côte sud de l’Irlande. Le Rustica et moi avions cherché un port pour l’hiver après trois mois de navigation dans les eaux celtiques, depuis Loch Skipport, sur South Uist, au nord, jusqu’à Baltimore, au sud. Cela avait été une période inoubliable, de celle où l’on peut se remémorer avec précision chaque jour de sa vie.»  Éditions Grasset & Fasquelle 2002 ; repris en Livre de poche.


 

«Un marin, il faut que ce soit quelqu’un dont on rêve. Pas un souvenir.»


 

Björn LARSSON – Le Capitaine et les rêves

«Un marin, il faut que ce soit quelqu’un dont on rêve. Pas un souvenir.»

Rosa Moreno s’ennuie et travaille dans un bar de Villargarcia, madame Legrand, dite Maman s’ennuie à Tréguier en tenant un fichier des marins disparus. Peter Sympson est un joaillier qui s’ennuie à Kinsale, et Jacob Nielsen est rentier et s’ennuie à Marstal en surfant sur le web. Tous les quatre rêvent. Sans savoir de quoi exactement. D’une vie différente et meilleure?

Marcel est un capitaine toujours prêt à rester où à s’en aller, qui prend la vie comme elle vient, qui rencontre les gens et leurs rêves. Ce qui l’intéresse «c’est les êtres humains. J’aime bien savoir comment ils se comportent, dans la vie. Mais ça ne veut pas dire que je désire les avoir sur le dos du matin au soir.» Au hasards des ports et des cargaisons, ce «colporteur de rêve» va croiser la route des quatre qui s’ennuient et qui rêvent. Au départ, des rencontres toutes simples, amicales, chaleureuses. Mais bouleversantes. Et chacun va se bâtir un rêve avec Marcel, ou à partir de leur rencontre et de ce qu’elle leur a apporté.

«La vie ressemble au sillage d’un navire. Un instant après notre passage, c’est comme si on n’avait jamais existé.» Comme s’il fallait agir, et vite, les quatre vont avoir la même idée, la même envie de revoir ce marin sans port d’attache. Et c’est autour de Kinsale que se jouera le dénouement. Après avoir insufflé de la vie dans leurs rêves, Marcel s’éloignera. «N’oubliez pas que je dois être qu’un rêve. Un rêve meurt de devenir réalité. En particulier s’il s’agit d’un marin déraciné aux yeux bridés.» Mais chacun aura trouvé une route un peu meilleure que la précédente et fait quelques découvertes – solidarité, vanités des choses, beautés de la vie –. «Il y avait des aurores, en mer, qui étaient douces comme de la soie.» Très beau roman, au décor maritime (pour ceux qui aiment), avec des personnages attachants, bien dessinés.

Les premières lignes : «Il y avait des jours, sur l’Atlantique, où l’horizon s’étendait à l’infini, où la mer et le ciel étaient du même bleu profond. Ces jours-là, un soleil acéré éclairait des masses d’eau en fureur, le vent frangeait d’écume la crête des vagues, blanche comme de la craie…» Éditions Grasset 1999, repris en Livre de poche. Prix Médicis 1999.


A lire aussi

Long John Silver
Le héros de L'île au trésor rédige ses mémoires à l'intention de Daniel Defoe qui prépare une histoire de la piraterie. Pittoresque et mouvementé. Livre de poche 2001.

Le cercle celtique
Un voilier vogue au large de l'Écosse. Bravant les rigueurs de la mer du Nord en plein hiver, ses deux passagers se dirigent vers des périls sans nom. Entre le Danemark et l'Écosse, la recherche d'un couple disparu sur une mer déchaînée. Gallimard 2001.


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