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«J’ai fermé la porte de chez moi en France, j’ai descendu les escaliers et j’ai marché jusqu’en Asie.» Philippe VALÉRY
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Philippe VALÉRY - Par les sentiers de la soie (à pied jusqu’en Chine)«J’ai fermé la porte de chez moi en France, j’ai descendu les escaliers et j’ai marché jusqu’en Asie.» «Je me souviens des paroles de l’alpiniste Gaston Rebuffat, qui gravissait une montagne «parce qu’elle est là.» Eh bien, je voyage simplement parce que les sont là. J’aime mieux saisir le regard et la main d’autrui que pérégriner seulement dans ma tête.» Le départ est pittoresque : Philippe commence son périple dans le rond central du stade vélodrome de Marseille, un soir de match, le 8 août 1998, devant soixante mille «amis et spectateurs.» Les raisons du voyage : découvrir autrui, aller voir si vraiment les Serbes et les Croates sont les bouchers sanguinaires et les Iraniens les dangereux fondamentalistes que l’on nous montre à la télé. Le moyen : la marche à pied, «la meilleure façon de calquer ma vitesse sur celle des autres et d’observer le monde lentement.» Le tracé : Marseille - Kachgar. Un ordre de grandeur : cinq cent kilomètres c’est trois semaines de marche, ou quatre jours à vélo, ou quatre heures d’autoroute en voiture... Longue litanie : Marseille, Monaco, l’Italie. Slovénie, Croatie, Serbie, Bulgarie. Les loups, les tziganes, Belgrade. La Turquie, «l’Asie, enfin !» La Géorgie, le Caucase, l »Arménie, Erevan, 5000 kilomètres, la moitié du chemin. L’Iran, «mon décor a beau ne pas avoir changé, je sens bien que je suis entré dans un autre monde.» Le réveillon de l’an 2000 en l’an 1378. La Caspienne, la police. Le Turkménistan, le désert, 40 degrés, les dromadaires, la tempête de sable. «Tout me paraît irréel.» Merv, un serpent dans les toilettes, une femme pour mille dollars. Ouzbékistan. Boukhara «l’un des noms qui me faisaient rêver» et Samarcande. Émerveillements. Et une ligne ininterrompue de 8000 kilomètres. Tadjikistan. Les montagnes du Yeti. Afghanistan. Le Moyen Age. Des vallées immenses et désertes. Le corridor du Wakhan, le Pamir. A dos de Yack. Pakistan. Karakorum. Vers la dernière frontière : la Chine. Au bout du rêve le 1er octobre 2000 : « arriver à Kachgar un dimanche est une chance. Je vais aller au marché et n’ai pas à réfléchir à ce qui se passera après mon dernier pas.» Ce récit, agrémenté de nombreuses photos (l’auteur est également photographe) est état des lieux du monde au passage du troisième millénaire. A Vukovar, si proche, « c’est une chose de voir à la télévision des images de guerre, c’en est une autre que d’avoir les deux pieds dans les décombres et d’enjamber les poutres des maisons démolies.» Un ministre est assassiné en Arménie, les Talibans sont à Kaboul ou se battent contre l’Alliance du Nord. On a lu ça dans les journaux, le voyageur le vivra en passant. Mais à coté des personnages médiatisés, beaucoup de gens humbles, courtois, simples, accueillants. Ce sont ces gens et leurs histoires que Philippe voulait rencontrer, et partager ces histoires, leurs vies quotidiennes. C’est bien ce qu’il a fait. C’est ce qu’il nous relate dans ce récit très vivant. Un lent récit de voyage, quoi. «Je ne vais pas gâcher tous ces efforts ni mon plaisir du rêve et de la découverte en regardant passivement défiler le paysage à travers une vitre à cent à l’heure. Oh que non !» Les premières lignes : «Pour quoi ? Pour quoi se lance-t-on dans un voyage de dix mille kilomètres à pied ? Quel degré d’originalité, quelle vanité, quel zeste de folie faut-il pour se lever un matin et se dire : j’irai jusqu’en Chine à pied !» Éditions Transboréal 2002. (17/10/02) |
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Peter HOPKIRK - Bouddhas et rôdeurs sur la Route de la SoieLa Route de la soie, ce grand axe transasiatique, n’acheminait pas que du tissu ou autres biens matériels, mais aussi les principes du bouddhisme, qui devint une des principales religion de la région, et qui fut également à la source d’un art dit «serindien» (de Sères, qui désigne la Chine, et Inde) tout au long de l’une des voies possibles de sa progression : les oasis qui bordent le Taklamakan. Monastères, grottes et stûpas vont longtemps abriter un art qui atteindra son apogée sous la dynastie T’ang (618-907) ; qui disparaîtra plus tard, recouvert par le sable, et pour lequel des archéologues vont se disputer. J’ignore la déontologie de l’archéologie. Les récits que l’on va lire en donne une connaissance et une impression mitigée. Autrement dit la question est : faut-il laisser sur place les trésors anciens remis au jour, ou bien découper les fresques à la scie et les envoyer (rapidement mais discrètement) dans les musées qui financent les expéditions ? Pour les uns la rénovation d’un site doit permettre aux amateurs comme aux professionnels d’étudier sur place ; pour les autres il fallait tout emporter car le climat ne permettrait pas une longue conservation (tout avait déjà disparu une fois pendant des siècles). Dommage que parmi ces derniers figurèrent des allemands, qui envoyèrent leurs trouvailles au musée de Berlin, et que tout fut détruit lors de la Seconde guerre mondiale... On disait qu’il y avait trois cent villes enterrées sous le sable du Taklamakan. De quoi donner de l’espoir aux explorateurs. Aussi des archéologues, chercheurs (de trésors) et aventuriers de tout poil et de toutes nationalités allaient s’en donner à cœur joie, malgré les difficultés liées au site et au climat. Les vestiges des civilisations bouddhiques allaient faire des heureux. La course aux fresques et aux manuscrits dans le Turkestan chinois fut ouverte en 1895 par Sven HEDIN. Suivi par Aurel STEIN, qui fera une exceptionnelle trouvaille de manuscrits, patiemment marchandée avec ruse à un moine qui les conservait. A partir de 1902 et pendant un quart de siècle se succèderont des allemands (LE COQ, qui trouvera la première représentation de Manès, le fondateur de la religion manichéenne), des français (Paul PELLIOT), des américains (Langdon WAGNER), et d’autres que je vous laisse découvrir. Chacun avait sa méthode, plus ou moins avouable, pour découvrir la grotte aux milles Bouddhas, la bibliothèque de Touen-houang, et tout ce qui est aujourd’hui conserver dans plusieurs musées du monde (dont le musée Guimet). Cette exploration ne dura qu’un temps, jusqu’à ce que le chinois se rendent compte que l’on pillait ce qu’ils estimèrent leur revenir, et ferment les portes. En conclusion : un livre d’aventures, d’espionnage, d’explorations, d’archéologie, d’histoires authentiques de «démons étrangers», mais au titre mal choisi, d’ailleurs renié par l’auteur car sans doute trop alléchant par rapport au Foreign Devils on the Silk Road d’origine ; illustrés par quelques (trop rares) photos d’époque ; dont la lecture sera facile et absolument passionnante pour les amateurs de cette Route. Les premières lignes : «Dans cette région reculée de l’Asie centrale, où la Chine procède à ses essais nucléaires et surveille sans relâche son voisin russe, s’étend un vaste océan de sable dans lequel on sait que des caravanes entières ont disparu sans laisser de traces. Pendant plus de mille ans, le désert du Taklamakan a joui, non sans raison, d’une mauvaise réputation parmi les voyageurs.» Éditions Picquier 1995. |
Luce BOULNOIS - La Route de la soieSous titrés «Dieux, guerriers et Marchands» ce livre est une somme. Plus qu’une somme : un maelström d’informations. A tel point que je ne sais pas trop s’il faut en conseiller la lecture. En tout cas : ne pas lire d’un coup. Indigestion garantie. Par contre, par épisodes, la lecture de cet ouvrage peut apporter une certaine jouissance. Les détails historiques sont tels que l’on se demande si l’auteur n’était pas sur place. Livre d’histoire(s). Histoire de la soie, bien sûr, de sa culture, de ses secrets, de sa diffusion. Histoire de quelques personnages, de peuples, de villes maintes fois détruites et reconstruites. Histoire de Zhang Qian, ce diplomate explorateur, aujourd’hui l’un des grands héros nationaux les plus connus du peuple chinois, qui, en 183 av. J.-C., depuis l’actuelle Xian, ouvrit vers l’Ouest une route commerciale. Histoire de cet itinéraire (et de ses variantes) qui changera peu au cours des siècles, en raison des contraintes géographiques, et qu’un géographe allemand du XIXe baptisa rétrospectivement Route de la soie. Histoire et évolution du commerce, avec dans les premiers temps les marchandises qui se déplacent, mais pas les marchands. Chacun transportant ses affaires jusqu’à une frontière, là où elle est prise en charge par d’autres. Puis les marchands s’organisent en caravanes, parcourent un peu plus de chemin, entre les caravansérails, grands bazars, ou entre deux oasis, lieux d’échanges. Ce qui fait dire que personne n’a jamais réalisé le parcours entier de la route. Histoire de Marco POLO, ce marchand vénitien qui eut, en quelque sorte, le tort d’avoir raconté son voyage aujourd’hui sérieusement mis en doute. «En fait, c’est moins ce qu’il a écrit que ce qu’il n’a pas écrit» qui pose problème. Il ne parle pas de choses qui n’auraient pas du lui échapper. Même la Grande Muraille n’est pas mentionnée ! Et les annales chinoises ne parlent pas des POLO... Histoire des explorateurs et archéologues de la Route, des riches découvertes et des scandales causés par la récupération des manuscrits et objets anciens. Histoire des voyageurs, genre assez courant aujourd’hui sur cette Route, mais «le goût des paysages infinis et sauvage est récent.» Livre d’histoires, foisonnant, aux détails riches, exubérants, La Route de la soie comblera les personnes intéressées par ce sujet. Pour les autres on conseillera quelque chose de plus light. Les premières lignes : «Qu’appelle-t-on aujourd’hui, en l’an 2001, la " route de la soie " ? Qu’évoque-t-on par ces deux mots porteurs de connotations et résonances si complexes ? Est-ce vraiment une réalité spécifique ? Pour les uns, la route de la soie, c’est une destinations de voyage lointain, de tourisme historique : la Chine, l’Asie centrale encore plus mystérieuse pour nous que la Chine, car nos manuels d’histoire et de géographie courants l’ont complètement ignorée ; c’est l’attrait d’une longue histoire où passent rapidement dans nos mémoires quelques noms-repères comme Alexandre le Grand, Gengis Khan, Marco Polo, le Prêtre Jean, les Mille et une nuits, Tamerlan, mais où l’on sait qu’il y a d’autres mondes à découvrir.» Éditions Olizane 2001. |
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Revue Chemins d’étoiles – Au fil des routes de la soie«Qu’est-ce que voyager ? Rencontrer.» écrivit Roland Barthe. Cette maxime, rapportée par Philippe Valéry, l’un des récents grands voyageurs sur la Route de la soie, donne le ton de la revue : espaces, rencontres, découvertes de soi et des autres, sur ce chemin mythique. On lira ou on relira l’histoire de cette route, qui suscite un foisonnement d’images, et de cette étoffe fabuleuse. Depuis la Chine, des caravanes de chameaux de Bactriane ont emporté la précieuse étoffe vers Bagdad et Massalia, vers les rivages de la Méditerranée, jusqu’à ces Romains «dont on disait, au-delà des Pamir, qu’elle étaient folles de ces drapés qui les habillaient tout en les faisant paraître nues. » (Jean-Yves Guéguéniat) Depuis, cette route n’a cesser de fasciner. Aujourd’hui encore elle inspire toujours les voyageurs : voir les périples de Philippe Valéry ou de Bernard Ollivier, par exemple. Ouvrage très complet, agréablement présenté, ce numéro de Chemins d’étoiles est un excellent point de départ pour qui voudrait découvrir ce sujet, avec les contributions entre autres de Jacques Anquetil, qui rappelle les légendes et symboles de la soie ; de Françoise Clavairolle qui explique la sériciculture ou l’art d’éduquer les vers à soie ; de Sylvain Tesson ; de l’aquarelliste Augustin Cornet ; de Michel Jan sur les voyageurs chinois ; de Jean-Pierre Drège sur une histoire des contacts et des échanges entre Orient et Occident (soie, mais aussi papier, boussole, jade, épices) ; de Monique Kervran sur les caravansérails ; un entretien avec Luce Boulnois ; un remarquable cahier photos, et bien d’autres choses encore : sur les Sogdiens, sur Marco Polo, Tamerlan, les Mongols, les oasis, les états et la politiques actuelle par René Cagnat. On ne peut guère trouver mieux comme synthèse sur la Route de la soie. Revue Chemins d’étoiles numéro 11 de septembre 2003, éditions Transboréal. |
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UNESCO - Les routes de la soieLes Routes de la soie - Patrimoine commun, identités plurielles, est un recueil d’articles ou de conférences à la suite de nouvelles découvertes. Ce livre risque de décourager les simples curieux (comme moi). En effet, l’étude des soies anciennes le long de la Route, les instruments de navigation sur la route maritime ou les pétroglyphes de l’Asie centrale ne peuvent être ingurgitées que si l’on est déjà pointu sur ces sujets. Néanmoins, en feuilletant tout ça sans se prendre la tête, on peut faire quelques découvertes passionnantes. Il y a également des dessins et des photos intéressantes. Mais ce n’est pas un livre de vulgarisation… Éditions UNESCO 1994. |
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