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Les rues de Paris ont deux cotés / C’est une règle générale. / Il n’y a aucune rue de Paris à aucun coté.Jacques ROUBAUD |
Jacques ROUBAUD – La forme d’une ville change plus vite, hélas, que le cœur des humainsAvec un titre pareil, il était évident que la ville serait l’élément principal de ces cent cinquante poèmes rédigés entre 1991 et 1998 et contenus dans ce recueil. Et l’on comprend vite que Paris en est la cible, le cœur. Un Paris décrit d’une façon moderne, parfois étrange, souvent surprenante. Recourir les rues, le premier groupement du recueil, est un hommage évident à Raymond Queneau, qui a écrit Courir les rues. De la rue Volta au boulevard de Clichy, de Montmartre aux Buttes Chaumont, Roubaud nous emmène visiter les vingt arrondissements, à pied ou en métro. Nous le suivons volontiers. La Joconde est dans « un cadre beige et crème et un peu orange» au dessus d’un bar, et le Sacré-Cœur fait penser à des tétines et des biberons. Les poèmes défilent, entre énumérations à la Perec et Lapalissades en séries, de dialogues à la Tardieu, en descriptions à la limite absurdes. Les rues de Paris ont deux cotés Les poèmes de Roubaud sont souvent pleins de références, parfois implicites, parfois explicites : Tour Eiffel cesse de ma dévisager comme ça Et d’autres donnent le tournis. La rue d’Amsterdam descend et remonte On ne rentre pas toujours facilement dans un recueil de poésie. On ne peut que conseiller d’oser le faire avec celui-ci. Cette chanson, cette geste des rues, est une véritable invitation au voyage. Ouvrir ce livre et en lire quelques pages c’est assurément prendre le risque d’être emporté, et perdu. Les premières lignes de La rue : «Je descendais cette rue qui était étroite, inclinée de soleil, entre des automobiles d’une lenteur imprécise. Descendant cette rue j’avais la sensation du passé, d’un loin passé, d’une autre rue. Je ne parvenais pas à y revenir.» Éditions Gallimard 1999, collection Poésie. |
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Guy GOFFETTE – Éloge pour une cuisine de provinceDrôle de titre, mots d’une banalité étonnante. Pourquoi pas ? En effet, de mots simples naît l’émotion. Et de la fluidité, le voyage. Aquoi bon fuir l’été venu vers une mer Une incitation à prendre son temps, rien ne presse ; un encouragement à faire le bon choix, aussi. (…) on ne sait plus comme un train somnambule à travers Beaucoup de choses dans ce recueil, notamment une série de «dilectures», courts textes inspirés d’un livre ou d’un auteur. Des souvenirs d’enfance, cette «cuisine de province», coté cour et coté cœur. A dix ans on a l’éternité sous sa casquette Une «lecture à Metz» est dédiée à Jacques Réda, autre grand déambulateur. Une « poétique de la simplicité » écrit Jacques Borel dans la préface, qui évoque Rilke ou Francis Jammes. Éditions Champ Vallon 1988 et Gallimard 1991 et 2000, repris en collection Poésie. |
André VELTER - L'Arbre-Seul«Nous ne cherchons que notre errance.» L’auteur est un voyageur au long cours. Il est aussi animateur d’émissions consacrées à la poésie sur France Culture, le directeur de la collection Poésie chez Gallimard, et de la revue Caravanes chez Phébus. Pour reprendre les termes d’Alain BORER, auteur de la préface, VELTER est un poète d’instinct, ses mots sont des énergies, ils attendent d’être libérés. Il faut lire ces poèmes d’un trait, comme ils ont été écrits. L’Arbre-Seul fait référence à une description de Marco Polo dans le Livre des Merveilles. La rencontre de ces régions lointaines et de cet arbre est un moment clé du voyage, «un au-delà que suivaient les caravanes.» L’arbre mort du Khorassan Les phrases défilent sous sa plume comme écrites sur place dans le désert. Il y a des tourmentes de sable qui jettent le désert au ciel Et même si la routes des caravanes n’est plus ce qu’elle était : Signe du temps perdu des caravanes, Il faut quand même y aller : Il n’y a rien qui vaille L’Arbre-Seul, collection Poésie chez Gallimard.Poète, essayiste, homme de radio, André Velter est né en 1945 dans les Ardennes. Il partage son activité entre les voyages au long cours (Afghanistan, Inde, Népal, Tibet) et la mise en résonance des poésies du monde entier |
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Josepha et Claude-Jean LAUNAY - Poètes de la Loire«Il ne faudrait jamais regarder couler la Loire, c’est une chose fatale : après on ne sait plus faire que ça, et le reste est sans importance» écrit Alix de Saint-André, auteur de polars. Tant mieux pour nous, plein de poètes se sont laissé prendre. Comme Jules LEMAITRE (1853-1914) qui y va de sa plume : La Loire est une femme. Amoureuse et pâmée, Si «la Loire est un fleuve aux couleurs changeantes», les poètes en ont profité pour écrire (décrire) toutes ses ambiances, toutes ses crues, tous ses châteaux. Le long du coteau courbe et des nobles vallées Personnellement j’aime bien emporter un livre de poésie dans mon sac. C’est souvent une bonne surprise. Comme ce Émile JOURDAIN, poète inconnu du Maine-et-Loire, et dont les Rimiaux sont à tomber par terre ! Dans un long poème, une lettre à Joachim Du Bellay, l’auteur prouve que l’argot peut être émouvant. V’la don’ tout d’mém’ qu’après tant d’temps, Et ainsi de suite. Comme quoi la poésie... Absolument grandiose, à connaître d’urgence ! Cette anthologie, dans laquelle on retrouve les classiques (du Bellay, Baudelaire, Balzac…) mais aussi constituée avec de nombreux écrivains ligériens, vous sera d’un grand bonheur si vous vous baladez entre Saumur, Tours, Nevers. Les premières lignes de l’introduction : «Beau monstre aux couleurs changeantes sous la lumière dorée, la Loire appartient à l’imaginaire des stéréotypes qui nuisent aux " choses vues " par le voyageur. Elle est surtout la création renouvelée des poètes depuis que Charles d’Orléans et Joachim Du Bellay ont imposé à la mémoire ligérienne leur chant de la terre natale à l’enseigne du Jardin de la France.» Édition de la table ronde, collection Petite vermillon. |
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Olivier BEETSCHEN - Le Sceau des pierres« Ce soir Vingt ans d’errance, un long voyage durant lequel l'exploration du monde va de pair avec la découverte de l'être. Et des poèmes. Des vers libres aux séquences narratives, de Sri Lanka (1974), Crête (1981), Madagascar (1992), Genève (1995), des lieux qui habitent le poète, et sont sources d’inspiration. Belles descriptions des choses vues, comme : « Avec la lenteur de celui qui marche Ou encore : « Les crêtes de l’incandescence On pense parfois à Cendrars : « Bourlingueur du Très-Haut Le Sceau des pierres, éditions Empreintes.Olivier Beetschen est professeur à Genève, écrivain et responsable de La Revue des Belles-Lettres. Infos sur le site Culturactif.ch. |
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