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«Toute la vie est devant toi. Pars, si tu as le cœur gros, va ailleurs, change, cours la terre.» Oeuvres 1, édition établie et présentée par Linda LÊ, chez Phébus 2006 - Libretto.
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Panaït ISTRATI – Mes départsIl y des auteurs dont le nom dit vaguement quelque chose, mais dont on n’a jamais lu une ligne. Panaït ISTRATI ? Un Folio à 2€ sur un linéaire, au milieu d’un tas d’autres, des locomotives bien plus connues, fut l’occasion de lire quelques pages pour pas cher. Et de découvrir un écrivain, qui nous raconte ici ses souvenirs d’enfance, ses rêves d’aventures et d’horizons lointains, et son passage à l’acte, le premier départ. Quand on est enfant, tout est encore possible. La vie est dure, on dépend d’un maître, mais un jour il y a l’envie. «Toute la vie est devant toi. Pars, si tu as le cœur gros, va ailleurs, change, cours la terre.» Finies les brimades. Place aux noceurs gloutons et buveurs. Place aux voyageurs, aux capitaines. Pourquoi ne pas être soi-même un capitaine, puisqu’il n’est «nullement nécessaire de commander un bateau, ni un remorqueur, pas même un caïque ou un chaland, mais qu’il suffit de régner simplement sur une barque.» Et c’est justement par un voyage en bateau que la vraie vie va commencer. L’objectif est d’atteindre la France. Le récit qui suit est celui d’une tentative ratée. Mais qu’importe : «Il n’y a de beauté que dans l’illusion. Et qu’on atteigne ou non le but de sa course, l’amertume a presque le même goût dans les deux cas. Les fins se valent toujours.» L’homme se demande d’abord «comment on fait sa valise lorsqu’on est certain de ne pas pouvoir payer le voyage.» Puis réussi quand même à prendre un bateau. Petite erreur : le bateau fait escale à Naples, où le passager clandestin est débarqué. Janvier 1907 Misérable, seul et abandonné, le vagabond Istrati mène une existence à la Charlot, «Puisqu’il n’y a pas moyen d’arriver à Marseille.» Dans Mes départs il s’agit surtout du récit d’un départ dans la vie, même si l’auteur le situe lors d’un autre départ, un vrai, ce vrai voyage, qui ressemble à une déchirure. «Je pense aux camarades de mon age, presque tous mariés, chacun dans sa famille, à son travail. Pourquoi cette malédiction de ne pas faire comme eux, comme tout le monde? Qu’est-ce qui me pousse continuellement sur des routes lointaines ? Qu’est-ce que je veux? Après est-ce que je cours?» Qui s’est jamais posé ces questions? Les premières lignes de «Pour atteindre la France» un récit dédié à Charlie CHAPLIN, le père d’un autre grand vagabond : «Pour atteindre la France – qui a toujours été regardée par l’Orient comme une amante idéale – nombre de vagabonds rêveurs se sont éperdument lancés à son appel, bien plus qu’à sa conquête, mais la plupart, mes meilleurs, ont laissé leurs os avant de l’avoir connue, ou après, ce qui revient au même.» Éditions Gallimard 1928, repris en Folio; et dans le tome 2 des oeuvres chez Phébus.Les éditions Phébus éditent les œuvres de Panaït ISTRATI. Se trouve rassemblée pour la première fois, en trois volumes totalisant près de trois mille pages, l'œuvre quasi complète du vagabond roumain (né en 1884 à Braïla, petit port du Danube en Roumanie en 1884 –mort en 1935 à Bucarest) salué jusqu'à nous par quelques lecteurs illustres: Romain Rolland, Joseph Kessel, Kazantzakis, Claudio Magris. Soit une quinzaine de titres – romans ou contes autobiographiques, c'est ici tout un – qui ne cessent de clamer à la face du ciel une «pouilleuse et princière insoumission.» Je crois qu’il faut absolument se laisser tenter par les récits de cet extraordinaire conteur et aventurier. |
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«Les plus furieuses crises de l’humanité ont a peu près le même effet sur la nature que les flèches des nains sur Gulliver.»
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Stefan ZWEIG - VoyagesCe recueil rassemble dix-sept récits inédits en français, publiés essentiellement dans des journaux ou des revues entre 1902 et 1939. Il s’agit de courts textes, assez anecdotiques, à mon goût, mais qui permettent toutefois de se faire une idée de divers lieux ou coutumes aujourd’hui oubliés. Parfois «la réalité s’applique avec ardeur à vous désillusionner» : le palais des papes est devenu une caserne. Mais le plus souvent rien n’a changé depuis les visites précédentes, avant le guerre, comme ici, en Italie, en 1921 : «les plus furieuses crises de l’humanité ont a peu près le même effet sur la nature que les flèches des nains sur Gulliver, elles ne l’affectent guère plus qu’une piqûre d’aiguille.» Ces récits sont aussi le prétexte à des comparaisons entre deux mondes : un monde de paix et un monde de guerre. Ainsi, à l’occasion d’une «kermesse de la bonne chère» en Bourgogne : «Les cuisiniers en toque blanches, au visage rouge et à l’air cérémonieux sont ici à peu près ce que sont les officiers en Allemagne: l’objet d’une admiration sans bornes et les maîtres incontestés de la situation.» En dehors des récits consacrés à des lieux (Ostende, Florence, le Canada, Arles, Montmartre,) deux textes sont intéressants : Un grand désir de l’Inde, dans lequel l’auteur nous explique sa démarche dans le choix de livres à lire avant le voyage ; et Voyageurs ou voyagés ? qui montre l’évolution du voyage en tourisme de masse. Un petit livre attachant,, mais n’est pas à lire en priorité. Les premières lignes de Voyageurs, ou voyagés ? «J’ai une passion pour les ports et pour les gares. Je peux y rester pendant des heures à attendre qu’une nouvelle vague de gens et de marchandise vienne déferler en mugissant, couvrant la précédente ; j’aime les signes, ces signes mystérieux qui indiquent l’heure et le trajet, les cris et les sons sourds et variés qui se fondent les uns dans les autres en un bruit évocateur.» Éditions Belfond 2000, repris en Livre de poche décembre 2002. |
«Il est des villes où l’on ne vient jamais pour la première fois.» Stefan ZWEIG
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Stefan ZWEIG - Pays, villes, paysages«Il est des villes où l’on ne vient jamais pour la première fois.» De 1904 à 1939 Zweig fera beaucoup de voyages, à la recherche d’indices pour mieux comprendre les civilisations, les hommes, l’humanisme, salement mis en danger par les bruits de bottes dans cette première moitié de siècle. Ces écrits de voyages sont essentiellement consacrés aux villes, et inspirent nombre de réflexions. New York, «une ville déconcertante, effrayante et attirante à la fois (...) où la masse humaine devient une force de la nature et imite celle qui l’a créée.» Bruges, «cette ville du rêve et de la mort». Ypres, si tristement célèbres. Chartres : «Nos projets doivent aboutir rapidement, notre rythme est devenu plus pressé, il n’existe plus d’œuvres qui survivent à toute une lignée, et rares sont celles qui dépassent le cadre d’une simple existence.» Séville, Alger, Bénarès, «la rose mystique du bouquet de villes claires, vivantes, tapageuses, de l’Inde.» Oxford, Hyde Park. Des récits un peu plus étoffés sont consacrés à Vienne, la Vienne d’hier, à Salzbourg. «La beauté d’une ville ne repose jamais sur son architecture exclusivement ; elle provient toujours d’une fusion particulière avec la nature, d’un mariage réussi entre l’œuvre de l’homme et la part de Dieu.» D’autres chapitres sont consacrés au canal de Panama, à la Provence, à la Russie. Le dernier relate un voyage au Brésil en 1936. Le Brésil, ce pays qui ignore le racisme, sera un modèle pour Zweig. En effet, à une époque ou une nouvelle guerre s’annonce, l’auteur constate que ce pays pourtant de taille imposante «recrute moins de soldats que le plus petit état chez nous et ne dispose vraisemblablement même pas de gaz toxique ni de tanks en vue du progrès de l’humanité.» Un pays qui apportera, momentanément, un espoir. Un livre sur un passé récent, dans lequel les reportages historiques et culturels se mêlent aux descriptions des lieux et des gens, tout à fait lisible encore aujourd’hui. Les premières lignes de Petit voyage au Brésil : «Si je commence, chers lecteurs européens, par un petit cours de rattrapage, c’est parce que, j’en suis convaincu, nous savons étonnamment peu de choses sur le Brésil ; ce fut d’ailleurs la première impression que j’eus personnellement, et qui me remplit de honte.» Édition Belfond 1996, repris en Livre de Poche. |
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Les éditions Arléa publient les Oeuvres Complètes d'Albert LONDRES, ainsi qu'un volume Câbles et reportages. |
Albert LONDRES – La Chine en folieEn 1922, après le succès de ses premiers grands reportages, Albert Londres part pour la Chine. La Chine: quatre cents millions d'habitants sous le joug des seigneurs de la guerre, des mercenaires, des bandits, dirigés tout à la fois par un président de la République et par un empereur. «Chaos, éclat de rire devant le droit de l’homme, mises à sac, rançons, viols. Un mobile: l’argent. Un but: l’or. Une adoration: la richesse.» Le reporter va de surprise en surprise : jeu, pirates, trafics de toutes sortes, désorganisation générale, la Chine semble alors en proie à une véritable folie. «Le peuple est une punaise que les hommes en armes écrasent dès qu’ils osent sortir des plinthes.» Et Pékin : «je cherchais le pays sans maître, la ville chimérique de l’anarchie totale. Dieu m’a comblé. Je la tiens. C’est Pékin !» Avec son style haut en couleurs, ses questions de candide et son goût de l'anecdote, Albert Londres nous livre une fois de plus un reportage truculent au ton très libre. Les anecdotes foisonnent, souvent rapides, sur un ton de dialogues. «En Extrême-Orient le coolie-pousse répond toujours: Quelque part, il glisse un portrait qui est probablement celui de l’auteur: «s’il voyageait, c’était comme d’autres fument l’opium ou prisent la coco. C’était son vice, à lui. Il était intoxiqué des sleepings et des paquebots.» Les premières lignes: «Jean-Pierre d’Aigues-Mortes n’avait pas de profession: il était envoyé spécial de journaux. Depuis des années, il arpentait la terre d’un point cardinal à un autre. Aussi pouvait-il jurer que la géographie se trompe en n’avouant que quatre points cardinaux. Certainement il y en a davantage…» Éditions Albin Michel 1922, repris par Le Serpent à plumes 1997 et 2001. |
Éric MEYER – Voir la Chine du haut de son chevalCommençons tout de suite par lever l’ambiguïté: malgré son titre, il ne s’agit nullement d’un récit de voyage à cheval. Mais du «portrait» de la Chine et des chinois contemporains à l’aide d’un procédé original. Cent vingt histoires, la plupart du temps relevées dans les journaux entre 1999 et 2003, éclairent chacune un chéng yŭ, un proverbe chinois, à moins que ce soit l’inverse. L’auteur écrit qu’il s’agit de «faire résonner des aventures humaines contemporaines au gong de proverbes séculaires.» Après avoir appris ce qu’est un chéng yŭ, cette «expression aboutie» qui sert à la Chine de pensée préfabriquée et atavique (un peu comme si nous résonnions en permanence avec nos proverbes, dictons, maximes et sentences) nous rentrons dans le vif du sujet et explorons une centaine d’histoires et de proverbes. De l’amour, la famille, la nature et l’environnement, à l’administration (évidemment corrompue jusqu’à la moelle); de la religion, des traditions, en passant par le business, la santé, chaque histoire accompagnée de son proverbe donne un exemple de la vie quotidienne des chinois, mais surtout de leurs comportements, de leurs réactions, souvent bien différentes de ce qui se passerait avec des occidentaux. Ce qui ne manque pas de surprendre. Le tout fait un livre qui est une façon originale de découvrir la Chine, et d’une lecture agréable. Les premières lignes: «Le petit oiseau se pose sur son épaule ou Un garçon recrute son père. Dans les villes dortoirs, véritables royaumes prolétaires, on travaille dur et, le soir venu, entre les parents et l’enfant unique épuisé, on ne cause pas.» L’Aube poche document 2006. |
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«Courage donc, partons.» Xavier de MAISTRE
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Xavier De MAISTRE - Voyage autour de ma chambre«Courage donc, partons.» Récit dun voyage de quarante deux jours dans une chambre. Drôle de démarche. Pas vraiment ce que lon attend quand on parle de voyage. Et pourtant cest bien le cas. On peut marcher, parcourir en long en large et en travers les quelques mètres carrés dune chambre. Dailleurs on peut facilement situer le lieu, comme nimporte quelle île ou désert. «Ma chambre est située sous le quarante-cinquième degré de latitude...» Il y a des sites remarquables qui font dévier le chemin (un portrait dans un cadre, un livre) et des obstacles quil faut savoir contourner, au risque là aussi de ne plus aller où lon veut (un lit, un fauteuil). Bien sûr ce voyage est plus «métaphysique» que physique. On y parle plus du «système de lâme et de la bête» et du «charmant pays de limagination» que de grandes étendues ou de tempêtes. Néanmoins, apprendre à «faire voyager son âme toutes seule» peut donner du plaisir et avoir ses adeptes. Il y a aussi dautres avantages non négligeables : que lon soit riche ou «de fortune médiocre», poltron ou indolent, ce genre de voyage ne coûte pas un sou. Et il est à la portée de tout le monde. «Que tous les malheureux, les malades et les ennuyés de lunivers me suivent !Que tous les paresseux se lèvent !» Voilà donc une alternative au voyage «traditionnel». On peut toujours essayer. Daprès lauteur cest simple et sans danger. Le dernier et «énorme» avantage de ce livre est son poids. Les éditions des Mille et une nuits semblent avoir été étudiées pour le sac à dos. Et pour le porte monnaie. Les premières lignes. «Qu'il est glorieux d'ouvrir une nouvelle carrière, et de paraître tout à coup dans le monde savant, un livre de découvertes à la main, comme une comète inattendue étincelle dans l'espace!» (Éditions Mille et une nuits, 2000) |
Guide littéraire Gallimard - Rajasthan «sur les routes du monde»Sous-titré «sur les routes du monde - écrivains voyageurs» ce livre est bien un guide littéraire et pas un guide de voyage. Quinze écrivains nous donnent à lire leurs voyages en Inde à la fin du XIXème et au début du XXème siècle au pays des rajahs. Certains voyageurs étaient pressés, d'autres, comme Louis Rousselet, en 1875, ne l'étaient pas. «Du reste, rien ne me pressait; je m'étais promis de ne pas faire comme ces voyageurs qui traversent un pays au galop, comme piqués d'un aiguillon mystérieux; toujours pressés, ils ne voient rien...» Les uns voyageaient la bourse bien remplie, d'autres s'y refusaient, comme Richard Halliburton: «Étais-je par hasard devenu un de ces touristes mous qui, pour voyager, ont besoin d'argent?» Le Rajasthan est une terre de couleurs et de contrastes. Les couleurs sont d'ailleurs les mêmes pour tous les voyageurs. C'est le «gris rose de la ville enchantée» de Pierre Loti. Mario Appelius voit «des façades couleur de fraise mâchée et de sirop de cerise noyé d'eau», alors qu'à Maurice Dekobra apparaît «Bikaner, cité irréelle ceinte de murs roses, hérissée de palais roses, peuplée de maisons roses». Pour Mircea Eliade c'est «la fraîche beauté de cette ville (Jaipur) toute de pierre rouge». Le plus récent des voyageurs de cette anthologie, Paul Theroux, en 1975, écrit que «Jaipur était une coté rose et princière. Elle abritait des merveilles. Hélas le vandalisme et l'ignorance des gens, qui faisaient paître leurs chèvres dans ces ruines fragiles, peignaient sur les fresques et se servaient du palais comme d'un arrière plan pour films, lui faisaient perdre son charme». C'était la fin d'une époque. Une époque de contrastes. «Quand les gentils Anglais, nés pour gouverner, ont transformés les rajahs en majordomes serviles destinés à éblouir les hôtes soigneusement sélectionnés de Sa Gracieuse Majesté» (préface). Une époque durant laquelle les énormes crocodiles du palais sont mieux nourris que les affamés qui, ayant «perdu l'espoir d'un secours, gisent n'importe où, sous les pieds, parmi la foule et les chevaux». (Pierre Loti). Les descriptions sont parfois encore plus brutales, à la limite du soutenable. Les gémissements, les râles, les os de bras qui se relèvent et s'agitent, les rotules saillantes sont des descriptions courantes chez Pierre Loti. Et la coutume du sati, qui ressurgit sporadiquement, jusqu'en 1987, le martyre (consentent?) des veuves brûlées vives sur un bûcher à coté du cadavre de leurs époux. Le Rajasthan, malgré ses tons roses, n'était pas un paradis pour tout le monde. Guido Gozzano y trouve quand même de charme, et un avenir possible. «Cité de rêve et peuple adorable, qui a la poésie du superflu et la science des choses inutiles. Aucune chose n'est plus inutile que cette grande ville de couleur rose. Certes, je me souviendrais de Jaipur si un jour je dois choisir une patrie pour ma nonchalance contemplative. La douce oisiveté italienne est, en comparaison, un tourbillon d'activités effrayantes.» Les premières lignes. «Merveillesde l'Inde, mystère du voyage. Regards éblouis et aveugles de l'Européen du
XIXe siècle qui prend la mesure d'un monde conquis? Ce guide est littéraire;
il invite à la découverte d'un monde étrange et par là à une quête de soi.»
(Les guides Gallimard.)
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«Si tu n'as pas étudié, voyage.» Proverbe foulfoudé (Cameroun).
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Paroles de voyageurs (recueillies parChristian Bobin)«Si tu n'as pas étudié, voyage.» Proverbe foulfoudé (Cameroun). Telle est la première citation, en couverture, de ce livre. Qui en comporte une trentaine d'autres, plus ou moins longues, plus ou moins obscures, plus ou moins profondes. C'est affaire de goût. Les auteurs ne sont pas les premiers venus: Mallarmé, Baudelaire, Montaigne, Calvino, Monod, Maillart, Lanzmann, Segalen, etc. La préface est de Nicolas Bouvier. Bref, c'est pas rien. Néanmoins le lecteur invétéré de récits de voyages n'apprendra pas grand chose. A conseiller aux néophytes, donc, ou à garder sous le coude au cas où l'on aurais oublié le «quand on ne veut qu'arriver, on peut courir en chaise de poste; mais quand on veut voyager, il faut aller à pied» de Jean-Jacques Rousseau. Intéressante est la partie illustrée de ce livre, des dessins, peintures ou collages de Pierre François. Ce qui pourrait bien vous donner envie de mettre dans votre sac à dos, en plus d'un livre, une boite d'aquarelles... Les premières lignes. Atlas, texte de Nicolas BOUVIER. «Il y a cette magie des noms de lieux qui agit comme l'éther sur la cervelle des gosses (j'en étais) vautrés sur les atlas de longs dimanches de pluie. On lit: Tucuman, Surabaya, Flores. On se dit "un jour j'irai là-bas". On dessine avec l'ongle du pouce le cours du Yukon sur le beurre de sa tartine. On rêvasse.» (Éditions Albin Michel.) |
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