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Vagabondages : un tour du monde en passant par le mont Blanc, Jérusalem et Saint-Germain- des-Prés |
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Raphaël FAVRAT – Valérie MATHEZ – A Vélo du Pacifique au Mont-Blanc
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C’est comme si nous allions perdre notre liberté, comme lorsque l’on est réveillé dans un rêve et que l’on essaye de se rendormir pour en reprendre le cours. » C’est par ces mots, par cette réflexion que se termine le périple – et c’est également l’un des derniers paragraphes du livre de Raphaël FAVRAT – Valérie MATHEZ – A Vélo du Pacifique au Mont-Blanc. Dur, le retour au pays, après quinze mois à vélo à travers le monde. Pour mieux comprendre cet état d’esprit, que connaissent tous ceux qui rentrent après un long voyage, reprenons cette histoire depuis le début.
Comme beaucoup, Valérie et Raphaël sont des cyclotouristes qui, un jour ou l’autre, finissent par avoir envie de voir plus grand, plus loin, plus long. Nait alors cette idée qui est moins fréquente: non pas «partir loin», mais «partir de loin». Du plus loin possible. Soit! Ce sera donc la Nouvelle Calédonie, la France des antipodes. Pour un périple au long cours. En effet, les voyageurs traverseront l’Australie, l’Indonésie, la Malaisie, la Thaïlande, le Cambodge, le Laos, la Chine, avec une escapade gelée vers les confins du Yunnan et du Tibet, la Turquie, la Grèce, l’Italie. Avec quelques sauts en avion pour les raccords. Une grande image du monde Le récit qui est issu de ce voyage est une suite d’histoires, d’anecdotes, plus ou moins importantes, plus ou moins graves de conséquences, de raccourcis sur l’Histoire et la culture des lieux traversés, le tout dessinant une sorte de grand panneau publicitaire du monde, additionnant les descriptions détaillées de sites, de routes, de lieux les plus divers, des plus touristiques aux moins fréquentés, des descriptions qui malgré tout laissent encore de la place à l’imagination du lecteur. Ca commence d’ailleurs comme un roman d’aventure, puis, chacun écrit un chapitre. On a ainsi «Raphaël, 24 octobre, province de Songkhla, Thaïlande, kilomètre 6091» ou bien «Valérie, il y a des jours comme ça.» C’est parfois très précis, d’autres fois nous sommes plutôt dans le sentiment ou l’état d’âme. Valérie a plus de distance et d’humour. «Les premiers tours de roue sur cette voie de terre rouge cernée de végétation suscitent en nous les prémices d’un sentiment léger de liberté, mais uniquement les prémices.» Raphaël est l’observateur. «Ce matin, le bush baigne dans le brouillard. Dense, il ne se dissipe que vers dix heures et laisse place au ciel bleu.» Il y a beaucoup de rencontres, de portraits, de dialogues. C’est vivant. C’est probablement Raphaël qui enrichit chaque jour les carnets. In fine, le tout est peut-être un peu trop détaillé. Il y avait beaucoup de choses à raconter – pourtant, quand on les rencontre, ils disent qu’il ne leur ait rien arrivé… – et il était sans doute trop difficile de réduire toute cette matière. Cela se fera pour le prochain livre. Celui-ci est bien épais et procurera des heures de lectures et de loisirs à celles et ceux qui veulent rêver, partir, pédaler, observer, raconter. La peur de partir Il faut vivre ses rêves, c’est bien connu. «Imaginer de grands espaces, songer tout quitter momentanément, partir. Partir à bicyclette sur les routes de notre planète. Un rêve, un rêve comme tant d’autres enfoui au fond de notre esprit qui finit en fantasme résumé par la phrase fatidique: «mon rêve ce serait…», ou pire! «Mon rêve c’était…» Alors il faut partir, bien sûr. Heureux celles et ceux qui osent franchir le pas. Car «en cinq mois notre vie a été plus riche qu’en cinq ans. En cinq mois nous avons, à l’image d’une bouteille d’un grand cru, mûri de dix années et notre vraie nature s’est révélée.» Même si, comme à la fin du voyage il y aura la peur d’arriver, il y a eu, aux premiers pas, aux premiers tours de pédales, la peur de partir. «Et c’est à l’aube de partir que nos sentiments les plus profonds se manifestent. Un fleuve d’émotions nous submerge. Inquiétude, peine, peur, joie se mêlent à l’incertitude qui, désormais, s’empare de nous. (…) La rupture est déchirante. Pourtant nous l’avons choisi ce départ, c’est celui de nos rêves.» |
André WEILL- La marchant de bonheur A pied d’Auschwitz à Jérusalem
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C’est en mai 2005 qu’André Weill marche entre le Mémorial de Drancy et le camp d'Auschwitz. Sur les traces de Fernand, un aïeul pour qui ce voyage sera le dernier. De cette arrivée à Auschwitz, l’auteur gardera longtemps «un certain trouble». Un vide, un manque, un indéfinissable «c'est pas ça». Il écrit alors «je n'étais pas arrivé au camp d'Auschwitz. Je n'étais arrivé qu'à son musée. C'est la raison pour laquelle il me fallait repartir d'Auschwitz.» Le «besoin de chemin» s’impose. Un an plus tard (juillet 2006) il «quitte le sang d'Auschwitz pour dire avec (ses) pieds le sacré de la terre des hommes.» Un long périple de 3300 kilomètres à travers la Pologne, la Slovaquie, la Hongrie, la Roumanie, la Bulgarie, la Turquie, la Syrie, la Palestine, Israël. «Je pars! Je quitte Auschwitz pour dire à nos enfants ce que nos parents n’ont jamais pu nous dire. Et je vais le faire avec mes pieds.» Un petit caillou arraché au mur des fusillés sera transporté jusqu’à un autre mur, à Jérusalem. Deux villes, deux lieux qui «expriment tout autant l’état de division religieux, culturel, politique et social de la planète que l’état de division intérieur de chacun d’entre nous.» Marche, passé, présent Tout au long du chemin, l’auteur ne manquera pas de reparler de la tragédie nazie. Il n’est en effet pas inutile de rappeler ces événements. Mais dans certaines régions traversées il doit se rendre à l’évidence: les mots déportation, nazis, Auschwitz semblent inconnus d’une partie – jeune – de la population. Par culpabilité, honte, souffrance? Parce qu’on ne leur a rien dit? Un «monde du silence» qu’il faut combattre. Personne ne devrait ignorer sa propre histoire. Mais il n’y a pas que le passé. Le présent est également tragique. S’il est aujourd’hui assez facile de traverser l’Europe à pied, certaines régions réservent encore quelques surprises. Bonnes ou mauvaises. Si l’histoire de notre monde ne semble pas encore aller en direction d’une tragédie telle que celle qui a été vécue au milieu du XXème siècle, la situation est parfois intolérable. Weill dénonce constamment dans son récit les «cruautés de la vie» rencontrées tout au long du chemin. Notamment le cas des Rroms, et des enfants malades, sans soins, vivants «dans les entrailles d’une ancienne mine de mercure et d’arsenic.» L’auteur appuie ses descriptions, ses «choses vues», par quelques citations extraites des auteurs qui ont su parler du bien et du mal, comme Primo Lévi, ainsi que par des données chiffrées, extraites des rapports d’Amnesty International, par exemple. Ces gens seraient-ils «moins égaux» que les autres? Un jour quelqu’un prendra la parole pour raconter ça. Weill apporte déjà sa pierre à cette histoire, et ses remarques sur les Tziganes en particulier aboutissent à des réflexions plus générales: «ne peut-on exister que dans la radicale opposition des monde? Le moi identitaire ne peut-il se définir que par la confrontation guerrière avec le non-moi?» Le « marchant » André Weill est à affilier aux voyageurs «marcheurs au longs cours». On trouvera donc dans ce récit quelques explications sur les techniques employées par le marcheur: un mantra aide à rythmer la marche, la marche «afghane», une «technique assez facile à acquérir et d’une puissance incroyable, une idée génialement simple.» On lira également quelques recommandations sur l’hygiène, les petits bobos, la nourriture et les boissons. «Qui veut voyager loin hydrate sa monture.» Weill pense que la marche est le meilleur moyen pour se délacer et de vivre l’instant présent. «La marche est sans attente. Les observations, les pensées vivent leur vie. La marche vit sa vie, sans heurt, sans aspérité. Chaque virage est sans but. Tout est déjà là. Chaque tournant amène sont lot d’immédiateté.» Une sorte d’état de grâce, une «altération du temps.» Les qualités de la marche selon Weill: proximité et isolement. Un «curieux mélange de deux sentiments qui sont le quotidien du marcheur au long cours.» Ses fondamentaux: «Marcher, dormir, manger, boire, s’étirer, laver, se laver.» Sans doute ce que Weill définit par «l’énergie nomade». La marche apporte des bienfaits physiques, mais aussi fait du bien dans les têtes. Ainsi, lors du passage sur un pont au-dessus du Danube. «Il faut marcher sur un tout petit trottoir métallique. De temps en temps il manque une plaque. Sur la chaussée, juste à côté, passent de gros camions, à faible vitesse. Quarante mètres plus bas, le Danube. Trois kilomètres entre terre et ciel, c’est vraiment long. Mais le bonheur est là. Plus rien n’existe. Tout simplement. Le bonheur est là, tout naturellement, suspendu dans le vent, suspendu dans le vide. Il y a de l’ivresse à planer dans les airs au-dessus du deuxième plus grand fleuve d’Europe.» Nous sommes tous des nomades… Comme d’autres écrivains voyageurs, Weill pense que nous sommes tous des nomades qui s’ignorons. Voici quelques une de ses réflexions sur ce sujet. «Même si vous ne vous en souvenez pas, vous le savez pour l’avoir jadis entendue: au commencement du commencement, il y a la petite voie de l’errance.» Ou bien: «Fondamentalement, le sédentaire est quelqu’un qui a oublié qui il est et d’où il vient. Il ne sait plus qu’il appartient à la terre. Il croit même que c’est la terre qui lui appartient. Pour sa sécurité, il en militarise le périmètre. Il légifère, invente le droit notarial, pose des barbelés et construit des murs qui renforcent et pérennisent son illusion de pouvoir vivre séparé de la terre. A l’opposé, le nomade parcourt la planète, car il n’a pas de terre. Il appartient au monde invisible, celui de l’errance. Comme il n’a ni lieu «où reposer sa tête», il vit sur les chemins de l’immédiateté. Comme il ne possède rien, il vit de l’audace inventive. Par essence, il met en question l’ordre établi. Il va droit au but. C’est un empêcheur de dormir en rond, un créatif, un vrai fouteur de solution.» «Comment dire que la vie nomade nous fait grandir? Que par nécessité elle nous enracine dans l’attention aux détails. Dans la présence.» En résumé: un livre qui mêle le passé et le présent – le passé historique, la relation que l’on entretient avec notre passé, avec l’Histoire, avec un épisode particulier de l’histoire –, un récit plein de (bonnes) réflexions sur l’errance, le nomadisme, sur la marche et ses bienfaits; un récit sur le monde présent raconté par un marcheur conscient, qui «voit», qui est dans le réel, dans la réalité du terrain, dans les rencontres, et qui raconte des régions dans lesquelles ce présent paraît loin d’être réjouissant. Le récit d’un voyageur au long cours, donc un récit qui s’installe, qui décrit, un auteur qui écrit beaucoup, ce qui génère parfois quelques passages qui ne sont pas vraiment utiles ni à la compréhension ni à l’ambiance, mais un récit qui réserve aussi quelques beaux moments, notamment quand l’auteur est dans le «bonheur» de la marche, ou de belles envolées aussi, par exemple celle-ci, pour saluer l’entrée en Bulgarie. «Bulgarie, terre des deux mondes. Ici, l’Occident se défait. Rome cède. L’agora se tait. Le déterminé s’effrite. En Bulgarie, le clocher se fait minaret. L’intelligence, mystère. Le silence, prière. Le chant, incantation. La parole, prophétie. A main gauche, le clapot de Kara Deniz, la mer Noire, et, juste derrière, sur l’autre rive, la steppe asiatique sans fin. A main droite, le marbre grec, la louve romaine, la vieille Europe, le nouveau monde. Droit devant, Istanbul et l’immense Orient. Le livre, la loi, la table. Le cœur, la glaise, la soie.» |
Boris VIAN – Manuel de Saint-Germain - des-Prés.
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Sans transition aucune, nous nous transportons à Paris, et nous reculons encore dans le passé, pour une immersion dans le Saint-Germain-des-Prés de Boris VIAN.
L’idée de Boris Vian est au départ de composer un guide touristique. Ce texte est remanié en 1950 et est désormais nettement plus fantaisiste qu’un guide, mais nous apprend néanmoins pas mal de chose sur ce lieu et cette époque. Avec un ton qui colle bien au personnage (ou au souvenir que l’on peut en avoir.) Et tout d’abord cet avertissement: il ne faut pas croire ni faire confiance aux journalistes, qui associent «l’inexactitude à la méchanceté, lesquelles engendrent la sottise.» Par leurs récits et témoignages ils auraient déformé l’idée de Saint-Germain-des Prés. Mieux vaudrait donc lire ce Manuel qui, après une description du sol, nous entraîne assez vite dans les sous-sols, avant de se conclure sur un abécédaire des principaux personnages associés à l’endroit. La surface En surface il convient de croire que s’il pleut parfois à Saint-Germain-des-Prés «le ciel y est moins pesant qu’ailleurs et les gouttes de pluie se dissolvent dans l’atmosphère avant de prendre contact avec le sol.» En conclusion: «il pleut peut-être à Saint-Germain-des-Prés mais seulement sur ceux qui n’y vivent pas.» D’ailleurs il suffit de regarder autour de soi, la douceur du climat a fait bannir la cravate et le veston. Quant à la population du lieu, elle se compose de plusieurs groupes: les autochtones, «que l’on reconnait à ce qu’ils restent presque toujours à la surface du sol» et qui vivent le jour et dorment la nuit, et les troglodytes «ou habitants permanents du sous-sol». On rencontre aussi les envahisseurs, les assimilés, les incursionnistes. L’économie fonctionne selon des règles relativement simples: ceux qui donnent à boire et à manger ; ceux qui produisent autre chose. Dans la partie «les faits et les mythes» Vian revient sur l’histoire du lieu. Histoire dont les faits sont difficiles à démêler, entre les actions ou propos prêtés aux gens du quartier et les propos rapportés par les journalistes, avec à l’appui de nombreux extraits de journaux parfois qualifiés «d’ordures» par Vian. Une certaine vérité contre l’exagération d’une certaine presse. Mettons tout le mode d’accord. «Si l’on veut, grosso modo, 1920 à 1930, c’est la grande époque du Lipp ; 30 à 38, celle des Deux Magots ; 38 à 46, celle du Flore. Nous nous plaçons naturellement du point de vue de la littérature.» Rien à redire. Après la guerre et la Libération, tout le monde pensait que là s’élaboraient les œuvres dont parlait le monde entier. Pas sûr. Mais si les artistes n’étaient plus là, en juillet-août 47 la fête battait son plein. Le sous-sol Le sous-sol du quartier est évidemment aussi animé sinon plus que la surface. Au Tabou, dans les caves, au Méphisto, au Vieux-Colombiers, des personnages aujourd’hui célèbres se sont jadis croisés. Selon les époques: Charles-Albert Cingria, Henri Sauguet, Anne-Marie Cazalis et Juliette Gréco «qui traînaient derrière leurs pantalons noirs tous les reporters photographes» ; Queneau, Prévert ; Sartre et Simone de Beauvoir, Camus, Albert Cossery, qui s’éteindra cinquante huit ans plus tard (en juin 2008) dans sa chambre de l'hôtel La Louisiane où il résidait. Quelques jours avant son décès, on pouvait parait-il encore le voir faire son tour habituel au Café de Flore et au Deux Magots. Saint-Germain-des-Prés c’est aussi le jazz. Un certain jazz emmené par Claude Luter, et d’autres. Les «jam» ou les «bœufs» entre musiciens plus ou moins célèbres dans un «long boyau voûté, comme une station de métro en plus petit et en beaucoup plus sale» et dans «un brouillard de cigarettes quasi londonien» mettaient de l’ambiance. Ambiance que l’on retrouve dans ce Manuel à feuilleter comme ça, en écoutant ce jazz «Saint-Germain-des-Prés». |
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De la Nouvelle Calédonie au mont Blanc, d’Auschwitz à Jérusalem, de Paris à Saint-Germain- des-Prés… Quelles que soient les distances, quels que soient les lieux, chargés de la grande Histoire ou de souvenirs, les chemins, les routes, les rues, les cafés, les caves, les paysages seront toujours une source d’inspiration pour qui sait partir, pour qui sait voir. Quant au vagabondage... Sylvain Tesson écrit dans son Petit traité sur l'immensité du monde: «Qui n'est pas capable d'applaudir des deux mains à l'effondrement de son bien n'est pas totalement mûr pour le vagabondage.» Qu'en pensez-vous? © LB - 30/08/2009 | |
Les Livres
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Raphaël FAVRAT – Valérie MATHEZ – A Vélo du Pacifique au Mont-BlancPréface de Joseph Jaunereau, président de l’association Cyclo Camping International. Editions Artisans-voyageurs 2009. Les premières lignes: « Raphaël, 21 avril. Singapour. La
voix du stewart de la compagnie anglaise résonne dans les enceintes de
l’avion. «Tu as compris ce qu’il a dit? |
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André WEILL- La marchant de bonheur A pied d’Auschwitz à JérusalemEditions Le Mercure Dauphinois 2008. Les premières lignes: «Le podomètre fixe le point zéro du parcours sous le portail «Arbeit Macht Frei» (le travail rend libre). Tout un symbole! La boussole bloque le compas vers Jérusalem et dirige les premiers pas à travers cette région au sud-est de la Pologne, appelée Malopolska (la Petite Pologne). Cette journée de mise en marche remonte la rivière Sota. Elle offre un paysage de rivières et d’étangs. Les cris des mouettes et des hérons répondent au floc des truites et des carpes. Dans les champs, sur les pylônes et sur les toits des maisons, les cigognes accompagnent leur danse de sonores claquements de bec. A Andrychöw, fin de la première journée, le podomètre indique déjà trente-quatre kilomètres. Ca fait beaucoup pour un début, mais ce n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan de chemin à venir». |
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Boris VIAN – Manuel de Saint-Germain-des-Prés.Ce texte a été publié aux éditions du Chêne en 1974. Le coffret publié par le Livre de poche en 2009 est l’édition établie par Noël ARNAUD et publiée chez Pauvert en 1997. Il comprend le Manuel + un livret illustré inédit + 1 CD hommage à Vian. Il n’est pas précisé que le CD ne comprend que 3 chansons (dont Arthur H et Gréco). Les premières lignes de l’introduction. « Saint-Germain-des-Prés à vol d’oiseau, c’est, comme ailleurs, quelques arbres et des rebords de fenêtres où les vieilles filles et les amoureux disposent les miettes du dernier repas ; mais nous n’avons pas l’optique de l’oiseau, ni ses plumés, et le don de voler ne nous est accordé qu’au prix de l’or (ou du dollar). Aussi, nous l’arpenterons à pied, au ras du sol, et c’est à pied que nous pénétrerons dans ces caves, semblables à celles où se réunissaient autrefois les premiers chrétiens. Cependant, si les premiers chrétiens se bornaient à chanter les louanges du Seigneur, on les danse à Saint-Germain-des-Prés, et on laisse le Seigneur chez lui, sur la place, dans la maison de pierre qu’il partage avec le curé. » |
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