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les citations des écrivains voyageurs (1)


Si vous ne voulez pas emporter un livre dans votre sac, peut-être une ou deux citations suffiront-elles... En voici un florilège, en vrac, puisé au hasard des lectures (et des dictionnaires.)Sur cette page, des citations:

> sur la littérature de voyage > Sur le voyage > Sur la marche à pied > Sur les bienfaits de la littérature en voyage > Sur les bienfaits de la littérature et de la nourriture, de la boisson, du tabac... en voyage

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Sur la littérature de voyage

Ceux d'entre nous qui se permettent d'écrire des livres semblent appartenir à deux catégories: ceux qui "se retranchent" et ceux qui bougent. Il est des auteurs qui ne peuvent écrire qu'"à la maison", avec leur chaise, leurs étagères de dictionnaires et d'encyclopédies et peut-être aujourd'hui leur ordinateur. Et il y a ceux qui, comme moi, sont paralysés par le fait de demeurer chez eux, pour qui le domicile est synonyme du proverbial blocage de l'écrivain et qui croient naïvement qui tout irait bien mieux s'ils étaient ailleurs. (Bruce Chatwin)

La limite, d'un coté, est la science; de l'autre, l'autobiographie; le récit de voyage vit de l'interpénétration des deux. (Tzvetan Todorov)

A mon sens, écrire un voyage, c'est faire le portrait des pays qu'on parcourt, et le narrateur n'a pas le droit de les rendre méconnaissable.( Léonie d'Aunet)

Un voyageur est une espèce d'historien; son devoir est de raconter fidèlement ce qu'il a vu ou ce qu'il a entendu dire; il ne doit rien inventer, mais aussi il ne doit rien omettre. (Chateaubriand)

C’est ce qu’il y a de plus simple comme genre de récit, et qui justifie que l’on prenne ses affaires et que l’on s’en aille. Le mouvement est mis en ordre par les mots qui le reproduisent. S’en aller est peut-être banal, mais il en est peu qui reviennent sans avoir rien à dire. (Paul Theroux)

«Réhabiliter l'idée d'une joie de et par la connaissance. Redire que, si apprendre demande un effort, cet effort comporte en lui-même sa récompense.»

«Quelqu'un un jour lit un livre, quelque chose en lui s'ouvre, il n'en revient pas. Il est perdu! Perdu pour ce modèle lâche et arrogant qu'on cherchait à lui imposer. De la vie se met à circuler en lui. Il est sauvé.» Danièle SALLENAVE: Nous, on n'aime pas lire, aux éditions Gallimard


«Quiconque aspire à quelque liberté de penser, doit se priver pour un long temps du droit de se sentir autre chose qu’un errant sur la terre. Je ne dis pas un voyageur, car l’homme qui voyage se propose un but final. Or un tel but n’existe pas. L’errant doit bien observer, tenir ses yeux bien ouverts sur le train du monde ; il doit donc interdire à son cœur toute attache un peu forte aux choses particulières, et toujours maintenir en lui cette humeur de vagabond, qu’amuse tout ce qui change et passe.» Nietzsche - Le voyageur et son ombre.

 

Sur le voyage

Le voyage est un retour vers l'essentiel. (Maxime tibétaine.)

Voyage: livre qui traite de quelque voyage. La plupart des voyages sont mal faits et pleins de mensonges ou exagérations. (Dictionnaire de Richelet, 1759.)

Le voyage n'est nécessaire qu'aux imaginations courtes. (Colette.)

Une des dispositions constantes de l'homme est de souhaiter être ailleurs que là où il est. (Jacques Réda)

Je suis en racontant mes voyages comme j'étais en les faisant : je ne saurais arriver. (H. de Montherlant.)

Ce que d'abord vous nous montrez, voyages, c'est notre ordure lancée au visage de l'humanité. (Claude Lévi-Strauss)

Acheter un costume neuf, c'est déjà voyager. (Groucho Marx.)

Un chemin se reconnaît au fait que l’autre passant devient notre semblable et qu’il nous paraîtrait inconvenant de ne pas le saluer. (Pierre Sansot)

On ne voyage pas pour voyager, mais pour avoir voyagé. (Alphonse Karr.)

Les pays, on les apprécie quand leur génie est au comble : des Hébrides sans leur tempête, ça aurait l’air de quoi ? (Gilles Lapouge)

Un voyage est une opération qui fait correspondre des villes à des heures. Mais le plus beau du voyage et le plus philosophique est pour moi dans les intervalles de ces pauses. (Paul Valéry)

Le voyageur est ce qui importe le plus dans le voyage. (André Suarès)

Je sais, d’expérience, que courir le monde ne sert qu’à tuer le temps. On revient aussi insatisfait qu’on est parti. Il faut faire quelque chose de plus. (Ella Maillart)

Quand il était à Calcutta, il passait sa journée couché à plat sur une carte de Paris, et rentré à Paris il se mourait d'ennui et regrettait Calcutta. (Flaubert)

Je vais, en somme, comme à peu près tout le monde, pour voir. (Jacques réda)

Ce serait une belle chose que de voyager, s’il ne fallait point lever si matin. (La Fontaine)

Pourquoi, un jour, prend-on le large? (...) On part, un jour, parce que l'on veut croire qu'un regard peut triompher des bornes de la pensée. Ou parce qu'un goéland, là-bas, aura crié trop fort. Ou bien, tout simplement, parce qu'on s'ennuie. (Michel Le Bris)

Qu’importe en effet l’issue du chemin quand seul compte le chemin parcouru. On ne fait pas un voyage, le voyage nous fait et nous défait, il nous invente. (David Le Breton)

Ma chambre est située sous le quarante-cinquième degré de latitude... (Xavier de Maistre)

J'ai parfois l'impression de vagabonder autour du monde dans le seul but d'accumuler le matériau de futures nostalgies. (Vikram Seth)

Quand à moi, je voyage non pour aller quelque part, mais pour marcher. Je voyage pour le plaisir de voyager. L’important est de bouger, d’éprouver de plus près les nécessités et les embarras de la vie, de quitter le lit douillet de la civilisation, de sentir sous mes pieds le granit terrestre et les silex épars avec leurs coupants. (Stevenson)

Pourquoi partir si l’on a envie de rester encore un peu, et pourquoi rester quand le besoin se fait sentir de changer de quartier? (Bernard Moitessier)

Il y a aussi en tout voyageur un homme traqué, découvrant soudain sa solitude, son impuissance à entrer dans la comédie ou la tragédie qui se jouent autour de lui. Il ne saura jamais frapper de trois doigts dans sa paume pour accompagner la danse d’une Gitane andalouse, ni fredonner un fado...(Michel Déon)

Le voyage : une équipée solitaire le long d’une étroite ligne géographique qui se termine dans l’oubli. (Paul Theroux)

Le meilleur des voyage est une entreprise solitaire : pour voir, examiner, évaluer, il faut être seul et sans entraves. Les autres peuvent vous égarer (…) Les perceptions nécessaires à l’écriture ne se laissent pas aisément manier quand on a à coté de soi quelqu’un qui pense à haute voix. (Paul Theroux)

C’est le voyage qui compte, non l’arrivée ; le périple, non l’atterrissage. (Paul Theroux)


Sur la marche à pied

Pour la marche, le plus beau chapeau du monde ne vaut pas une bonne paire de chaussures. (Pierre Dac)

Mon pied droit est jaloux de mon pied gauche. Quand l'un avance, l'autre veut le dépasser. Et moi, comme un imbécile, je marche ! (Raymond Devos)

Marcher seul, sac au dos, c'est se livrer entièrement aux dangers et aux hommes. Il n'y a nulle possibilité de fuite comme à vélo, ou d'abri comme avec une voiture. (Bernard Ollivier)

Quand on ne veut qu'arriver, on peut courir en chaise de poste; mais quand on veut voyager, il faut aller à pied. (Jean Jacques Rousseau)

Il n'y pas de racines à nos pieds, ceux-ci sont faits pour se mouvoir. (David Le Breton)

Depuis que règne la voiture, la notion de distance s'est pervertie et ne s'exprime plus qu'en terme de kilomètres-heures. Le marcheur doit savoir décoder des expressions comme "pas loin", "à coté" ou "à dix minutes". C'est une appréciation d'automobiliste. "Dix minutes", une fois analysé, est traduit par dix à douze kilomètres, soit deux heures de marche. (Bernard Ollivier)

Pour être appréciée à sa juste valeur une randonnée pédestre devrait être entreprise seul. La marche à plusieurs, ou même à deux, n’a plus de randonnée que le nom ; c’est quelque chose d’autre, qui ressemble à un pique-nique. Une randonnée pédestre devrait être entreprise seul, parce que la liberté en est l’essence. (Stevenson)

L'arrêt, l'immobilité retrouvée, la tension physique de l'effort soudainement relâchée, c'est une sensation merveilleuse, celle de l'arc débandé. Il vaut la peine de marcher, et de marcher dur, rien que pour le plaisir de pouvoir s'arrêter. Et la joie du départ n'est-elle pas faite déjà, largement, de celle de l'arrivée, savourée d'avance jusque dans les cruautés que l'absence implique? (Théodore Monod)

La marche ramène le regard à une juste dimension, apprend à gouverner le temps. Le marcheur est un roi. Un roi qui souffre d’être à contrecourant mais qui a choisi, pour aller mieux, les grands espaces plutôt que le divan des rebouteux. (Bernard Ollivier)

Éloignez-vous à un jet de pierre sur la droite ou sur la gauche de cette route bien entretenue sur laquelle nous marchons, et aussitôt l'univers prend un air farouche, étrange... (R. Kipling)


Sur les bienfaits de la littérature en voyage

Quelqu’un qui effectue une randonnée pédestre avec un seul livre dans son sac à dos lit avec circonspection, s’arrêtant souvent pour réfléchir et posant souvent le livre pour contempler le paysage ou les gravures dans la petite salle de l’auberge ; car il redoute de parvenir au bout de son plaisir et de se retrouver seul dans les dernières étapes de son voyage. (R.L. Stevenson)

Le promeneur possède cet avantage d'interrompre aisément sa route où et quand il veut. Un bouquet de pins, une clairière entrevue, le rebord d'une fontaine lui suggèrent irrésistiblement la volupté de s'asseoir ou de s'allonger contre le doux corps spirituel qu'un livre enferme et qui va l'envelopper, avec l'oeil glissant vers la fin du chapitre. (Jacques Réda)

La lumière avait commencé à baisser, et mon voyage me faisait penser à un passage d'un roman paysan de Madame SAND. (Henry James)

Je ne souhaite rien d'autre, par ce livre, que redonner à son lecteur le goût des herbes et des chemins, le besoin de musarder dans l'imprévu, de retrouver ses racines dans le grand message des horizons. (Jacques Lacarrière)

Mais que ce mec est pénible à lire (...) je le reprendrai plus tard, dans une longue traversée comme celle du Pacifique, le genre de situation où l’on arrive à lire même Proust ! (Antoine)

Je crois que les récits de voyages ont été bénéfiques à la littérature. Ils nous permettent d’échapper à un intimisme douillet dans lequel nous nous complaisons : hors du divan, de la chambre à coucher, d’une réception mondaine, point de salut pour certains écrivains. Comme si l’univers s’était rétréci... (Pierre Sansot)


«La littérature a quelque chose de particulier: le sujet dont elle traite n'est jamais importat, c'est la façon dont elle le traite qui compte. Je n'ai jamais rien compris au base-ball, mais Le Grand roman américain, de Philip Roth, est un chef d'oeuvre que j'ai lu d'une traite. C'est l'angle qui compte, c'est le point de vue: avec le base-ball, Roth nous parle des Etats-Unis comme personne. C'est un prétexte, c'est un subterfuge. (...) Sévillanes c'est la même chose: c'est parce que Cau est local qu'il est universel.»

Yan MOIX, dans une chronique intitulée Des oeuvres et des oeufs, dans le Figaro littéraire du 18 juin 2009, à propos de Sévillanes, de Jean CAU, réédité chez Bernard Pascuito éditeur.


Sur les bienfaits de la littérature ET de la nourriture, de la boisson, du tabac... en voyage

Un livre intéressant est un compagnon utile en voyage. Il occupe les moments d'arrêt, de silence ou de fatigue, mêlant à propos la pensée humaine au spectacle des choses. Cependant l'annonce du souper fut bien accueillie, non qu'on eut grand faim, mais quand on entend le vent siffler dans les arbres et les gouttes d'eau tinter contre les vitres, le repas est une distraction. (Théophile Gautier, les Vacances du Lundi)

il s'agit seulement de marcher ensemble et d'échanger des impressions comme si nous étions autour d'une bonne table dans une auberge du bord de route, le soir, quand la fatigue et le vin délient les langues. (David Le Breton)

Il n’y a pas de pipe qui vaille celle que l’on fume après une bonne journée de marche. (Stevenson)

La chaleur du rhum remit chacun en gaîté, et, quoique la nuit et la neige tombassent toujours plus épaisse, la caravane, riant et chantant, se remit bruyamment en route. (Alexandre Dumas)

Pour bien aimer un pays il faut le manger, le boire et l’entendre chanter. (Michel Déon)

En dehors des livres de ma bibliothèque perso, les principaux ouvrages consultés sont :
- Le dictionnaire des citations, de Olivier MILLET, le Livre de Poche,
- Le bouquin des citations, de Claude GAGNIERE, bouquins / Laffont.

Pour aller plus loin: Plus de 600 citations relatives au voyage sur skiouros.net


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