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textes divers > portraits >> Aurélie la globe croqueuse


Le bac en poche, Aurélie a quitté son sud natal pour la capitale afin d'y suivre la formation d'arts appliqués et métiers d'art à l'École Estienne. Elle s'évade régulièrement dans des contrées plus ou moins lointaines et aime dessiner des sujets atypiques ou incongrus. De vieux livres lui servent très souvent de support. Aurélie est une jeune globe croqueuse qui trouvera son chemin dans le monde de l'illustration.

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Aurélie PEDRAJAS - (Auto) - portrait

Rencontre avec Aurélie PEDRAJAS au salon du livre de la Plagne le 5 août 2007. Propos recueillis lors d'entretiens poursuivis par mail le 10/08/07.

EV.NET – Aurélie, vous êtes ici au salon du livre de la Plagne parmi les «jeunes talents ». Qu’est-ce qui vous a conduit ici ? Quel est votre parcours ? Qu’est-ce qui est à l’origine de cette « vocation » artistique, si ce mot convient ?

A.P. C'est par le biais de mon site web d'illustratrice voyageuse et mon blog de globe-croqueuse que j'ai été repérée par les organisateurs du salon du livre de La Plagne. Plutôt habituée à démarcher les festivals qu'à être sollicité, au début je n'y ai pas cru: j'ai pensé à un spam!

Mon parcours s'est formé sur les bancs d'écoles: après un succès retentissants sur les bancs de l'école primaire en troquant mon coup de crayon contre les boîtes à crayons de mes camarades pour illustrer leur cahier de poésie... j'ai passé un bac littéraire que j'ai obtenu grâce à mon option lourde «arts plastiques». Ensuite j'ai intégré l'école supérieure Estienne à Paris, spécialisé dans les métiers du livre pour réaliser une année de mise à niveau arts appliqués et métiers d'art, puis j'ai passé un Diplôme Métiers d'Art de Gravure et image imprimée. Après quatre ans d'études j'ai décidé de parfaire mon coup de crayon au fil des voyages et de m'intégrer dans la famille des artistes-voyageurs en exposant dans les festivals, biennales, salons... dans l'espoir de percer.

Je ne sais pas si cela est une vocation, je suis la seule artiste dans ma famille. Disons que cela me semble finalement une évidence, j'ai toujours aimé les livres. Je suis une passionnée, je n'aime pas faire ce qui me déplait... j'ai donc décidé de faire de ma passion mon métier! Je n'ai jamais lâché mon crayon, voilà tout...

La maladie des carnets

EV.NET – On vient de vous voir coller une image (ou plutôt un morceau d’image, de gravure, déjà découpée) sur les pages d’un livre ancien, comme ceux que l’on trouve chez les bouquinistes (avec couverture en cuir ?) Ce support, qui surprend, car lui-même considéré comme une oeuvre à conserver, est inhabituel. Qu’est-ce qui vous plait dans l’utilisation de ce support ? Ou pourquoi l’utiliser-vous ?

A.P. J'avais une maladie assez étrange que j'aie baptisé la «maladie des carnets»: je collectionnais une série de carnets inachevés ou vierges. J'ai fini par comprendre que j'avais la peur de la page blanche. J'ai donc remédié au problème en utilisant le support qui me parlait le plus: le livre. J'adore chiner, recycler. Je rallie ainsi mes deux passions en utilisant de vieux bouquins comme support de dessin. Je trouve de l'intérêt dans cette démarche, loin de l'idée d'un sacrilège comme le pensent certains. Au contraire, je redonne vie au livre. Le support fait partie intégrante de l'oeuvre, il y participe, et même me suscite l'inspiration par un titre, un tampon, une tache... Pour moi, le carnet tout blanc est peu sociable graphiquement parlant et assez impersonnel artistiquement, contrairement au livre-carnet qui est au final unique en son genre. Il me cause, me rassure, m'inspire. C'est cela que j'aime.

EV.NET – En dehors de l’illustration sur un livre ancien, quels sont les autres supports que vous utilisez ? Et quelles techniques ?

A.P. Tout d'abord je voudrais différencier illustration et croquis... le croquis est assez personnel, jeté sur le papier sans retenue en quelques secondes ou petites minutes tandis que l'illustration est plus pensée et plus aboutie dans la finalisation. C'est pour cela que je dis que je suis une illustratrice globe-croqueuse, car je réalise les deux. J'arrive tout de même à dessiner sur du papier traditionnel en dehors des vieux livres... ceci dit en voyage j'aime beaucoup glaner des matériaux naturels locaux sur lesquels je peins à mon retour. Par exemple une noix de coco séché des temples du Sri Lanka, un bois de palme d'une oasis tunisienne, un morceau de canne à sucre séché des Antilles...

Côté technique j'aime métisser, mélanger les genres: aquarelle, stylo bille, encre de chine,machine à écrire, café, pastels, mine de plomb, gouache, collages, linogravure.... Les techniques se rencontrent et papotent. Je suis plutôt manuelle que virtuelle en tant qu'illustratrice, néanmoins je me mets au support numérique qui est assez amusant, je dois avouer. Récemment, j'ai mixé le dessin à la photo grâce à ce support, en collaborant avec une photographe via Internet! Et prochainement je projette de m'emparer des murs de Paris pour toucher un autre public (parce que rien ne vaut la vrai vie, quand même!)...

Globe croqueuse

EV.NET – Que voulez-vous dire par « globe croqueuse » ?

A.P. Une globe- croqueuse c'est un hybride entre une illustratrice- dessinatrice et une voyageuse globe trotteuse. Comme je croque plus que je ne trotte en voyage, je me suis auto-baptisée globe-croqueuse. J'aime assez peu le terme carnettiste qui a émergé de cette vague du carnet de voyage. Je trouve, en ce qui me concerne, le terme assez réducteur. Je ne dessine pas que sur des carnets, je suis avant tout une illustratrice; une illustratrice qui aime voyager... je rallie tout simplement mon metier- passion à une autre passion: le dessin au voyage. Comme beaucoup d' artistes j'ai plusieurs couleurs à ma palette.

EV.NET – Qu’est-ce qui vous pousse à peindre, coller, illustrer ? Que voulez vous dire, quel message transmettez-vous en faisant ce que vous faites ?

A.P. Ce qui me pousse à dessiner? Le narcissisme, l'envie d'être admirée...? Non vraiment, en fait je crois que je ne sais pas vraiment moi-même, c'est pour cela que je continue! La création est un leitmotiv, une satisfaction de s'accomplir, de partager et se réapproprier à sa manière le monde. Prétendre diffuser un message dans le simple fait de dessiner me paraîtrait présomptueux... c'est naturel pour moi, une façon de respirer comme pour d'autre cela serait le sport ou la musique. Le crayon est un prolongement de mes doigts...

Mais si je cherche à allonger mon crayon sur le divan, je dirais que dessiner me permet de garder une trace de ce que je vis, de mémoriser ces petits riens de la vie, d'intensifier les moments vécus, et de mieux voir le monde qui m'entoure afin d'y trouver ma place.

EV.NET – Que peut-on vous souhaiter? Que recherchez vous pour votre avenir artistique ? Que diriez-vous à un éditeur qui lirait cet entretien sur le webzine ?

A.P. Le meilleur que l'on peut me souhaiter c'est de vivre de mon métier-passion maintenant et le plus longtemps possible! A maintenant 25 ans, j'ai envie d'entrer dans la famille des professionnels activement.

Si un éditeur passe par-là: contactez-moi avant les autres! Misez sur «les jeunes talents»!

www.aureliepedrajas.com

http://globe-croqueuse.blogs-de-voyage.fr


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