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«Il faut désormais considérer le français, non plus comme l’expression d’un lieu historique, mais comme une langue sans frontières libérée du pacte exclusif qui la liait à la nation.» |
Pour une littérature monde en français»Le festival Étonnants voyageurs de Saint Malo se tient du 26 au 28 mai 2007, avec pour thème les villes-mondes. C'est pour nous, amateurs de littérature voyageuse, le festival à ne pas manquer. Et l'édition 2007 pourrait bien faire un peu plus de bruit que les éditions précédentes. Ce qui est l'idéal pour une manifestation. Ce qui n'est peut-être pas si bête pour défendre des convictions. Peut-on constater «l’apparition d’une littérature de langue française ouverte au monde, débarrassée de l’ère du soupçon, enrichie de toutes ces voies d’outre- France qui, tout en renouvelant le genre romanesque, nous apportent, dans notre langue commune, des nouvelles du village global»? Oui, conclut Michel Le Bris et d'autres auteurs, Alain Mabanckou, Jean Rouaud, Abdourahman Waberi. Du coup émergent un «manifeste» et une «Convention de Saint Malo pour une littérature monde en français». Dont voici quelques extraits. Le manifeste «Pour une littérature monde en français» Plus tard, on dira peut-être que ce fut un moment historique: le Goncourt, le Grand prix du roman de l’Académie française, le Renaudot, le Fémina, le Goncourt des lycéens, décernés le même automne à des écrivains d’Outre-France. Simple hasard d’une rentrée éditoriale concentrant par exception les talents venus de la «périphérie», simple détour vagabond avant que le fleuve revienne dans son lit? Nous pensons, au contraire: révolution copernicienne. Copernicienne, parce qu’elle révèle ce que le milieu littéraire savait déjà, sans l’admettre: le centre, ce point depuis lequel était supposée rayonner une littérature franco-française n’est plus le centre. Le centre jusqu’ici, même si de moins en moins, avait eu cette capacité d’absorption qui contraignait les auteurs venus d’ailleurs à se dépouiller de leurs bagages avant de se fondre dans le creuset de la langue et de son histoire nationale: le centre, nous disent les prix d’automne, est désormais partout, aux quatre coins du monde. Fin de la francophonie. Et naissance d’une littérature- monde en français. (...) Michel Le Bris - Mars 2007.Lire la suite sur le site Etonnants voyageurs. La Convention de Saint Malo A l'occasion de la publication de ce manifeste naît un groupement qui se nomme Convention de Saint-Malo Pour une littérature monde en français. Extrait de cette convention. «Il faut désormais considérer le français, non plus comme l’expression d’un lieu historique, mais comme une langue sans frontières libérée du pacte exclusif qui la liait à la nation. Cette nouvelle pléiade, nous avons la volonté de la rendre visible, de suivre sa trace poétique, de l’accompagner, de la rendre évidente, en créant un regroupement de trente écrivains représentatifs de cette diversité littéraire et géographique, qui par la publication d’une revue annuelle captant les miroitements de cette constellation et par la remise d’un prix de printemps, servira, nous l’espérons, de caisse de résonance à ce mouvement que les prix littéraires d’automne – et leurs jurés écrivains - ont contribué à révéler.»Lire la suite sur le site Etonnants voyageurs. |
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