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les dossiers thématiques > Stendhal voyageur


«Je voyage non pour connaître mais pour me faire plaisir.»

Stendhal n’est pas seulement «l’explorateur implacable du cœur humain», il est aussi un grand voyageur. Ce que tente de démontrer ce dossier.

> Stendhal et le voyage sentimental, chronique
> Stendhal - Le bonheur vagabond
> La Vie de voyage,extrait d'un biographie
> Note de lecture: Rome, Naples, Florence suivi de Promenades dans Rome
> Les voyages en France
> Voyager, basculer: le syndrome de Stendhal
> Citations de Stendhal sur le voyage
> Bibliographie et sites

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Stendhal et le voyage sentimental

Sont regroupés sur cette page tous les textes éparpillés sur ce site et en rapport avec Stendhal.

Stendhal n’est pas seulement «l’explorateur implacable du cœur humain» (JL), il aimait bouger. Il ne pouvait rester en place très longtemps. Il était «incapable de séjourner très longtemps au même endroit sans connaître l’ennui ou la lassitude.» (CE) Les routes d’Europe n’eurent pas de secrets pour lui. L’Angleterre, l’Autriche, l’Espagne, la Prusse, l’Italie, bien sûr, et la Russie… Lacouture parle de «cette fringale de départs et de flâneries audacieuses qui le prend entre deux amours et deux livres – lesquels y ont souvent beaucoup à gagner.» (JL, p 210) Pourtant le voyage est quasiment absent de son œuvre romanesque. Et Stendhal n’a jamais entrepris un voyage dans l’intention de le décrire. La rédaction du récit est toujours postérieure et s’accompagne d’un travail de recomposition. (CE, p 87). Alors Stendhal dans une histoire de la littérature de voyage? Stendhal écrivain voyageur?

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Le voyage et les écrivains à l’époque de Stendhal

Qu’est-ce qui distingue Stendhal des écrivains voyageurs précédents?

Au XVIIIe, le Siècle des Lumières, Rousseau célébrait le voyage pour le voyage, glorifiant le plaisir physique de la marche et l’éveil à l’émotion procuré par la contemplation d’une nature majestueuse et sauvage.

En ce début du XIXe, la conception du voyage qui s’impose à cette époque c’est le voyage comme dépaysement, la recherche de l’exotisme, de la différence. Mais à l’encontre de Nerval ou de Chateaubriand, Stendhal ne recherche pas une « terra incognita » (CE)

Ne recherchant ni le plaisir physique, n’étant pas à la recherche de l’exotisme, Stendhal s’intéressera plus aux gens qu’aux objets ou aux décors. «Pour peu que l’homme qui me répond soit emphatique et ridicule, je ne pense plus qu’à me moquer de lui, et l’intérêt du paysage s’évanouit pour toujours ».

D’autre part, Stendhal sera le premier à raconter comme il se promène : avec liberté, prenant et racontant les choses comme elles lui viennent, et les abordant sous un angle subjectif, le fameux « Je » cher à l’auteur des « souvenirs d’égotisme ». Stendhal fut l’un des premiers à écrire un récit de voyage personnel, c'est-à-dire incluant ses propres sentiments et perceptions des choses, et leurs effets sur lui-même.

Stendhal raconte, il digresse, il suit sa pensée. Le récit, qui n’a rien voir avec un guide de voyage classique, et qui prend la forme du journal intime, bien connue de l’auteur, montre une totale liberté dans l’écriture, signature du récit de voyage. (DS)

«Un journal de voyage doit être plein de sensation. Car  je voyage non pour connaître […] mais pour me faire plaisir ».

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Stendhal et le voyage sentimental

L’expression «voyage sentimental» a été popularisé par le roman éponyme de Lawrence Sterne: Voyage sentimental en France et en Italie, paru en 1768. (BNF)

Sous le nom de Yorick, l’auteur y visite la France. Dans la préface, Sterne définit ainsi le voyageur sentimental : «autrement dit moi-même, moi qui ai voyagé, et qui m’assieds à l’instant même pour vous raconter comment j’ai voyagé autant par nécessité, par besoin de voyager».

Le récit semble s’abandonner aux circonstances. Il passe d’un sujet à l’autre, trace des portraits, alterne les anecdotes. On n’apprend pratiquement rien sur la France mais beaucoup sur ses habitants. Et surtout sur le voyageur.

Ici le voyage n’est important qu’en tant que révélateur de l’homme. Il est inutile, selon Sterne, de sillonner des terres étrangères dans le seul but d’apprendre (on peut le faire aussi bien chez soi), ni de tenter de comprendre d’autres sociétés si on reste centré sur ses propres préoccupations. Voyager, être ailleurs, c’est au contraire être déstabilisé, bousculé dans ses habitudes de pensée. Pour cela, il faut s’ouvrir aux autres, provoquer les rencontres imprévues, laisser se développer les événements fortuits, favoriser les contacts entre les gens.

Dans cette veine, le successeur de Sterne est bien Stendhal.

Lui aussi aime l’impromptu. Ses relations de voyage (Mémoires d’un touriste (1838), Voyage dans le Midi de la France) possèdent cette écriture au premier abord discontinue.

Stendhal, dans la retranscription de ses visites, veut avant tout être «nature», ce qui signifie raconter comme on se promène, de son point de vue (texte à la première personne), au fur et à mesure que les choses surviennent (récit chronologique), avec de nombreuses digressions (en balade on n’est pas forcément tout entier tendu vers un but). (BNF)

Mais derrière cette nonchalance étudiée se profile une écoute attentive de soi, permettant de fixer ses pensées et faire le point sur ses sentiments. Le panorama réel est beaucoup moins important que la perspective qu’en a le voyageur. Importe essentiellement le regard, non ce qu’on voit. La description s’efface devant l’analyse.

« Je ne prétends pas dire ce que sont les choses, je raconte la sensation qu’elles me firent ».

Avec Stendhal, le voyage n’est plus seulement une découverte du monde, mais une expérience intime. Le voyageur est devenu le centre du récit, en lieu et place du voyage.

Après Stendhal il est deux types de récits bien différent : ceux des voyageurs, censés retranscrire le réel; et ceux des écrivains, retraçant une expérience personnelle en jouant sur l’écrit, la langue, la construction du récit.

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Le voyage touristique

Si c’est avec Stendhal qu’il est «sentimental», c’est avec le même que voyage est aussi considéré comme un plaisir, et que les paysages sont autant remarqués que les monuments. «Les rives de la Saône, à deux lieus au-dessus de Lyon, sont pittoresques, singulières, fort agréables.» (Mémoires d'un touriste) En voyage vers Barcelone il parle du « délicieux plaisir de voir ce que je n’ai jamais vu » (JL p 220)

Stendhal peut être considéré comme «l’inventeur» du guide touristique. Les Promenades dans Rome (1829) furent écrites pour proposer des itinéraires, accompagner et guider le voyageur dans sa visite de la Ville éternelle. (CE)

Et si Stendhal n’a pas inventé le touriste, ce mot existant depuis le Grand Tour, il y participe en1838, par la publication des Mémoires d’un touriste, qui popularise ce terme. Et c’est en 1841 qu’apparaît le mot tourisme, quand Thomas Cook ouvre en Angleterre la première agence de voyages. © LB 2007.

------ Références -------(JL) Stendhal, le bonheur vagabond, par Jean Lacouture, Le Seuil. - (CE) Stendhal, par Clément EGGER, Albin Michel - (BNF) Site Internet Gallica / BNF - (DS) Editions Diane de Selliers. Quatrième de couverture ou informations de l’éditeur.


Note de lecture: Jean LACOUTURE - Stendhal - Le bonheur vagabond

Le récit de Jean Lacouture nous met sur les traces d'un Stendhal follement jeté sur les routes d'Europe. C'est le Beyle voyageur que nous découvrons ici, l'écrivain de génie parcourant le continent, de la Prusse à l'Italie. Ce voyageur-là va d'enchantements en illuminations et d'amours passionnées en découvertes, prenant une part si active à la retraite de Russie, sur les traces de Napoléon, qu'on peut faire de lui le plus aventurier de tous nos romanciers. L'auteur du Rouge et le Noir a vécu comme un héros d'Alexandre Dumas. Le Seuil.

Tout le monde s’accorde à dire que Stendhal a créé la surprise en livrant une œuvre qui décrit les affres du cœur plutôt que des romans d’aventure ou de cape et d’épée comme aurait pu le laisser penser cette vie de « dévoreur d’espaces ». Car du Grand Saint-Bernard à Berlin, du Danube à la Bérézina, de la Calabre à la Catalogne, en calèche ou en diligence, en coche d’eau ou en chemins de fer, Stendhal a bien été l’un des plus grands voyageurs de son temps. Lacouture parle de « fringale de départs et de flâneries audacieuses » qui prend Stendhal « entre deux amours et deux livres ».

Tout commence à Grenoble, où il naît le 23 janvier 1783. Dès 1800 il est à Paris. Adolescent, il est déjà sur la route des Alpes en route pour l’Italie, pour être nommé sous lieutenant dans les rangs d’un célèbre général corse. Il démissionne, et comprend que sa vie sera vagabonde. «Je suis passionné par les voyages en ce moment. Quand on sait voyager, cela fait bien connaître les hommes.» En 1806 c’est l’Allemagne ; en 1809, au lendemain de la bataille de Wagram, Stendhal arrive à Vienne, qui ressemble «à une grande ville de province en France.» En 1811 il est en Italie. De cette période datent la rencontre avec Angela, et une Histoire de la peinture en Italie. 1812: la Russie. Cinq mois dans la guerre avec au bout la Bérézina, qu’il passe au soir du 27 novembre 1812 peu avant l’effondrement du pont. Celui qui inventera Julien et Fabrice écrit: «Ce voyage m’a fait voir des choses qu’un homme de lettres sédentaire ne devinerait pas en mille ans.»

Stendhal va assister à la représentation de pièces de Shakespeare à Londres en septembre 1821. Il y retourne en 1826. Il fait des voyages qu’il ne raconte pas, et raconte des voyages qu’il n’a pas fait. Il voyage en Italie en 1827. Mais dans Promenades dans Rome, rien n‘est vrai, rien n’est faux… En 1838 il est en Espagne. Civitavecchia et l’Italie accueillent à nouveau Monsieur le Consul jusqu’en Octobre 1841.

Quand il entreprend un voyage en France en 1837, en compagnie de Prosper Mérimée, dans la France provinciale de Louis-Philippe, c’est un pays qu’il connaît déjà pour avoir parcouru, en 1829, la région de Bordeaux et la Provence. Et les Mémoires d’un touriste sont bien celle d’un homme qui a beaucoup voyagé et noté. Quand au mot «touriste», il pourrait s’agir d’un néologisme stendhalien. En tout cas un mot récent de la langue anglaise, dans laquelle Henri Beyle puisait souvent.

Stendhal s’intéressait aux personnes qu’il rencontrait. Il aimait aussi les paysages. «J’aime les beaux paysages. Ils font quelquefois sur mon âme le même effet qu’un archer bien manié sur un violon sonore; ils augmentent ma joie et rendent le bonheur plus supportable.» Il meurt à Paris un soir de mars 1842, en marchant dans la rue, foudroyé par l’apoplexie. Le titre de ce livre pourrait être «le délicieux plaisir de voir ce que je n’avais jamais vu.» C’est à la fois un livre sur Stendhal en voyage et un voyage en Stendhalie.  © LB 2007.

Les premières lignes: «C’est à cheval – on ne l’y prendra plus, ou le moins possible – au bord d’un lac où il manque s’abîmer, partant à 17 ans pour la gloire sous le commandement du plus grand capitaine des temps modernes, que commence à l’en croire la «vie véritable» d’Henri Beyle, qui devait choisir l’étrange pseudonyme de «M. de Stendhal, officier de cavalerie.» Le Seuil 2004.


«La vie de voyage»

Extrait de Stendhal ou Monsieur moi-même, par Michel Crouzet

En Italie il est d’abord le voyageur. L’ex-auditeur a une nouvelle profession: voyageur. C’est toujours la même: ses campagnes étaient des voyages. En 1815, il se demande ce qu’il a encore envie de voir après Moscou, Vienne, Berlin. Ses nouvelles œuvres, Journaux de voyages, succèdent naturellement à son Journal ; un de ses ultimes carnets intimes, le plus beau peut-être, est le récit de son voyage avec Vismara dans la Brianza. «J’ai parcouru l’Europe de Naples à Moscou », s’écrie le théoricien de la peinture. Comme il invente le Moi, il invente le Voyage, c’est la même chose, et c’est le Romantisme: enfin le mot a un sens s’il désigne cette errance, cette mobilité sans but, qui s’enivre du divers et du relatif; «l’exotisme ne peut être que singulier, individualiste, il n’admet pas la pluralité», dira Segalen, retrouvant le beylisme originel. Pour le Romantique, la valeur suprême c’est le différent, non le meilleur. Un mot profond de Hebbel nous dit que «l’individualité n’est pas tant un but qu’un chemin, ce n’est pas le meilleur, c’est le seul». Vivre en voyage, sans autre but que le déplacement et la dégustation du divers, c’est réaliser le Moi, par le choc d’une objectivité imprévue et toujours autre, par cette relation éternellement mobile avec le relatif. (…)

C’est l’amour du nouveau, la quête du toujours autre qui fait l’exercice du Moi. L’exotisme stendhalien est européen et surtout italien: le vraiment autre est proche et par là enrichissant. (…)

Il faut donc être le voyageur: c’est un métier, un art, on fait des voyages, on en écrit ; le voyage avec sa forme exaltée, fragmentaire, rhapsodique, est le livre romantique par excellence, le voyage engendre une «non-forme», et un mode de penser, un décentrement de la pensée, rejetée du système, de l’ordre, de la dépendance d’un but. Le refus du but, de la détermination par l’extérieur, définit le Moi et l’activité du voyage qui se déroule pour lui-même. (…)

Le voyage est comme le style de Stendhal: une digression permanente ; il est comme le masque qu’il voudrait porter, ou la métamorphose qu’il souhaite, une manière d’être inconnu: des autres, de soi. D’où «mon bonheur à me promener fièrement dans une ville étrangère… où je suis arrivé depuis une heure et où je suis sûr de n’être connu de personne». Il a alors la liberté de s’oublier, ou de ne pas se reconnaître. Extérieur à lui-même, donc plus itérieur que jamais. (…)

Le voyage stendhalien se détourne toujours des grades descriptions, des points de passages obligés du touriste, des spectacles et des morceaux attendus; marginal, accessoire, comme le style de Stendhal, inattendu et paradoxal, il parle bien de la réalité, mais à condition de la créer ou d’en être créé ; les récits de voyage sont de beaux mensonges plus vrais que la réalité, ils peuvent être immodérément menteurs, purement fictifs sur le plan des faits, être de faux journaux de voyage, ils demeurent une expérience morale et littéraire, celle de la conquête du hasard, donc du miracle.

Extrait des pages 265 et suivantes de Stendhal ou Monsieur moi-même, une biographie par Michel Crouzet, éditions Flammarion 1999.


Note de lecture: Rome, Naples et Florence

 «Milan, 24 septembre 1816. J’arrive, à sept heures du soir, harassé de fatigue ; je cours à la Scala.»


«Ce que j'aime dans les voyages, c'est l'étonnement du retour.»

 

«Milan, 24 septembre 1816. J’arrive, à sept heures du soir, harassé de fatigue ; je cours à la Scala.»

Le voyage en Italie est, au début du XIXe, quasi obligé. Avec Stendhal il ne faut pas trop s’attendre à des descriptions de paysages: la peinture, l’opéra et les femmes le passionnent bien plus. Le voyage proprement dit n’est d’ailleurs pas tellement relaté dans le détail. Le nom des villes est bien indiqué, mais il n’y a pas toujours beaucoup de choses sur les sites. Nous ne sommes pas encore à l’époque du tourisme. Il y a bien quelques anecdotes sur les diligences, les voyageurs, les auberges et les bandits de grands chemins. Mais ça n’est pas le principal.

Quelques impressions éparses. Sur le paysage: «Le caractère de la beauté en Italie, c’est le petit nombre des détails et, par conséquent, la grandeur des contours.» Ou sur un site remarquable: «Enfin, à un détour de la route, mon oeil a plongé dans la plaine, et j’ai aperçu de loin, comme une masse sombre, Santa Maria del Fiore et sa fameuse coupole, chef-d'œuvre de Brunelleschi.» Ou encore, avec une touche d’humour, cet édifice de Naples «bien autrement frappant que cette bonbonnière si vantée, qu’on appelle à Rome la Porte du Peuple.»

Stendhal vit beaucoup la nuit, dans ces villes d’un autre temps, et notamment à l’opéra: «Je vais dans huit ou dix loges; rien de plus doux, de plus aimable (...) Chaque femme est en général avec son amant.» Il sait décrire en quelques mots les traits de caractères. «Bologne a, ce me semble, beaucoup plus d’esprit, de feu et d’originalité que Milan ; on y a surtout le caractère plus ouvert.» Stendhal préfère voir «toujours absolument seul les monuments célèbres» et a une conception particulière du voyage: «j’ai si souvent regardé des vues de Florence, que je l’a connaissais d’avance; j’ai pu y marcher sans guide.»

La peinture et l’architecture sont évidemment les premières raisons du voyage en Italie. Les oeuvres d’art foisonnent et sont toutes des classiques. «La France n’a rien produit de comparable.» De plus: « Il ne faut pas des raisonnements pour trouver cela beau. Cela fait plaisir à l’œil.» Il visite toutes les villas, tous les musées. On trouvera bien sûr, à la date du 22 janvier 1817, à Florence, les phrases à l’origine du «syndrome de Stendhal» : «En sortant de Santa Croce, j’avais un battement de cœur; la vie était épuisée chez moi, je marchais avec la crainte de tomber.»

Une sorte d’errance heureuse dans l’Italie surannée du début du XIXe, une sorte de chasse au bonheur, en compagnie d’un guide célèbre, à la langue bien pendue, mais à l’écriture magnifique, impeccable: tel est le regard que je porte sur ce récit, que je conseille vivement, même à celles et à ceux que La Chartreuse de Parme a laissé… de marbre.  © LB 2006

Les premières lignes : «Berlin, 2 septembre 1816. J’ouvre la lettre qui m’accorde un congé de quatre mois. Transports de joie, battement de cœur. Que je suis encore fou à vingt-six ans! Je verrai donc cette belle Italie. Mais je me cache soigneusement du ministre : les eunuques sont en colère permanente contre les libertins. Je m’attends même à deux mois de froid à mon retour. Mais ce voyage me fait trop de plaisir; et qui sait si le monde durera trois semaines?» Éditions Gallimard 1987, présentée et annotée par Pierre Brunel, repris en Folio classique.


 Note de lecture: Promenades dans Rome

Montrer ce qu’est Rome et comment vivent les romains: tel semble être le projet de Stendhal quand il s’attelle à la rédaction de ce récit, à partir de ses souvenirs. Et il en a, des souvenirs romains. Il a visité Rome à plusieurs reprises: en 1802 pour la première fois. Puis: «il revit Rome en 1811; il n’y avait plus de prêtres dans les rues, et le Code civil y régnait; ce n’était plus Rome. En 1816, 1817 et 1823, l’aimable cardinal Consalvi cherchait à plaire à tout le monde, et même aux étrangers. Tout était changé en 1828. Le Romain qui s’arrêtait pour boire à une taverne, était obligé de boire debout, sous peine de recevoir des coups de bâtons sur un cavalletto. » Plus loin il annonce qu’il dira la vérité. A la lecture de ces lignes de l’avertissement, on comprend que Stendhal va nous parler de Rome à sa manière: librement. Car Stendhal écrit comme il se promène: librement. Il utilisera évidemment le Je, la première personne, et rédigera son récit entre la forme d’un guide de voyage et celle d’un journal. «Il fait éclater le journal de voyage en prenant la liberté de parler de ce qu’il veut, et quand il le veut » écrit Michel Crouzet dans la préface. Quant à la vérité: on peut compter sur l’auteur. «Toutes les anecdotes contenues dans ces volumes sont vraies, ou du moins l’auteur les croit telles.»

Si «rien ne semble valoir la peine qu’on en parle avec gravité», Stendhal le guide, le cicérone, propose de rencontrer les mœurs italiennes et les habitudes sociales, les romains de tous les jours. Stendhal voyage «pour voir des choses nouvelles, non pas des peuplades barbares comme le curieux intrépide qui pénètre dans les montagnes du Tibet, ou qui va débarquer aux îles de la mer du Sud.» Suivons le guide. «Comme de vrais philosophes, chaque jour nous ferons ce qui nous semblera le plus agréable ce jour-là.»

Livre ponctué de «petites remarques tout à fait personnelles», Promenades dans Rome est un guide sur une ville, en réalité sur trois villes en une seule, trois villes superposées: la Rome romaine, avec visites et commentaires sur les ruines de l’Antiquité; Rome la ville de l’Art, avec les chefs-d’œuvre de la peinture et de la sculpture; Rome la ville des Papes, et le «gouvernement et les mœurs qui en sont la conséquence.» Stendhal liste les visites, et le nombre de jours qu’il vous faudra. «En cinq ou six matinées, votre cocher vous fera faire les douze courses que je vais indiquer.» Le choix est offert entre le Colisée et les salles de Raphaël au Vatican, le Panthéon et l’atelier de Canova, etc. «Montez dans votre calèche, et, suivant que vous vous sentirez disposé à ressentir le beau inculte et terrible, ou le beau joli et arrangé, faites-vous conduire au Colisée ou à Saint-Pierre.»

Pour Stendhal, la beauté est romaine (et catholique). La beauté est aussi «pleine d’âme et de feu», écrit-il à propos des jolies femmes de Rome remarquées la veille au soir au concert. Attention tout de même: Rome est une ville difficile à visiter, et peut même rendre malade. «Si l’étranger qui entre dans Saint-Pierre entreprend de tout voir, il prend un mal de tête fou, et bientôt la satiété et la douleur rendent incapable de tout plaisir.» Si ça n’est pas le syndrome de Stendhal, c’est une autre maladie que peut redouter le voyageur partout dans Rome: le dégoût de l’admiration. Trop de (belles) choses à voir. Heureusement il y a l’antidote: un petit tour en ville, dans la société, «une société agitée de petits intérêts et de petits bavardages, fort nécessaire pour prévenir ce dégoût d’admirer.» Car à Rome on s’amuse. Pas comme en France, avec «nos salons plus collés montés et plus sérieux.» Ici « chacun cherche à s’amuser, mais à deux conditions: sans jamais se brouiller avec sa cour et sans déplaire au pape.»

Ce guide e forme de voyage imaginaire devant quand même avoir l’air vrai, Stendhal fut bien évidemment obligé de se documenter. Promenades dans Rome est donc à la fois un journal intime plus un récit de voyage plus un guide de la ville incluant une documentation éclairée sur Rome. On lira de nombreuses pages très intéressantes sur la peinture, la musique, l’histoire de Rome. Et notamment l’histoire de Rome la catholique et de ses Papes. Ce récit donne aussi des informations sur les voyages de l’époque, et les conditions dans lesquels les voyageurs circulaient sur les routes. Il fallait douze à quinze jours pour faire Paris - Rome, en traversant «le plus vilain pays du monde que les nigauds appellent la belle France.»

C’est du Stendhal, c’est sans surprise de ce coté là: l’écriture est magnifique. Osez lire ces récits, même et surtout si Le Rouge et le Noir est resté un mauvais et lointain souvenir. A lire en écoutant évidemment quelques airs d’opéra italiens. © LB 2007

Les premières lignes: «Monterosi (25 milles de Rome), 3 août 1827. – Les personnes  avec qui je vais à Rome disent qu’il faut voir Saint-Pétersbourg au mois de janvier et l’Italie en été. L’hiver est partout comme la vieillesse. Elle peut abonder en précautions et ressources contre le mal, mais c’est toujours un mal ; et qui n’aura vu qu’en hiver le pays de la volupté en aura toujours une idée bien imparfaite.» Préface de Michel Crouzet, éditions de V. Del Litto, Gallimard / Folio classique.


Les voyages en France

Même si les voyages en Italie constituent l'essentiel des récits de voyage de Stendhal, il existe des écrits sur ses pérégrinations en France.

Voyage en France. Ce volume contient: Mémoires d'un touriste - Voyage en France - Voyage dans le Midi de la France [1992] . Édition de V. Del Litto. Gallimard - Bibliothèque de la Pléiade

Journal de voyage de Bordeaux au Pont du Gard - Éditions Pimientos

Voyage à Lyon - Éditions Christian Pirot 1995.

Extrait. «Je me fais débarquer avant l'île Barbe qu'un pont en fil de fer joint maintenant au rivage. Ma foi, M. S... ne m'a pas trompé. Les rives de la Saône, à deux lieues au-dessus de Lyon, sont pittoresques, singulières, fort agréables. Elles me rappellent les plus jolies collines d'Italie, celles de Densenzano... Sur ces collines de la Saône, les canuts de Lyon ont bâti des maisons de plaisance, ridicules comme les idées qu'ils ont de la beauté. Dans tous les genres, ils en sont restés au grand goût du siècle de Louis XV; mais la beauté naturelle du pays l'emporte sur tous les pavillons chinois dont on a prétendu l'embellir. Ce sont de jolis rochers couverts d'arbres qui, précipités pour ainsi dire dans le cours de la Saône, la force à des détours rapides.»

Voyage en Bourgogne et en Franche Comté, éditions Pimietos 2005.


Le syndrome de Stendhal

Florence, 22 janvier 1817 - «En sortant de Santa Croce, j’avais un battement de cœur, ce qu'on appelle des nerfs à Berlin; la vie était épuisée chez moi, je marchais avec la crainte de tomber. Je me suis assis sur l'un des bancs de la place de Santa Croce

C'est à Florence, dans l'église Santa Croce, que Stendhal éprouve pour la première fois une violente émotion esthétique reconnue plus tard comme un trouble typique du voyageur. Confronté à la «beauté sublime», l'amateur d'art chavire de l'extase au vertige. En hommage à l'illustre écrivain, la psychiatrie moderne donnera à ce dérèglement des sens le nom de syndrome de Stendhal.

Voyager, basculer…

par Françoise Cloarec

Il semblerait que nous ayons besoin d’aller voir ailleurs…

Qu’est-ce qui pousse à partir ?

D’où vient cette idée de partir de chez soi ?

Après tout, le monde vient à nous tous les jours, par la télévision, les magazines, les journaux. Et puis, ce n’est pas si simple de se déplacer. Voyager nécessite d’avoir à sa disposition un certain nombre de mécanismes de défense. Et il est préférable d’être prêt à supporter le nouveau, l’imprévu. Il vaut mieux être psychiquement armé pour ne pas se laisser déborder par des chocs émotionnels. Paradoxalement, le voyage renvoie, celui qui part en dehors des sentiers habituellement battus, de façon aiguë, à son histoire personnelle…

Est-ce que nous avons envie de ce qui est proposé dans les brochures de voyage, dans les guides ou d’autre chose ?

Heureusement, ou malheureusement, la plupart du temps, le regard est balisé. Avant, pendant, après le périple touristique, des gardes fous sont installés. Dans les musées, les sites, les galeries, le visiteur trouve des explications, des fléchages, des mises en garde. On lui explique ce qu’il va voir, ce qu’il voit. Quelquefois on lui dit où et quand il doit prendre une photo. En voyage, les agences touristiques, les syndicats d’initiatives, les guides vous préparent. Vous n’avez plus qu’à aller sur place, pour vérifier que les paysages, les ruines, les oeuvres d’art, les musées dont on vous a parlé sont bien là où ils sont censés être.

C’est fragile un touriste, il est loin de chez lui, il n’a plus ses repères habituels, ni ses parents, ni ses amis, ni sa maison… C’est même souvent pour s’éloigner de tout ça qu’il est parti… Mais, ce qui fait sa fragilité se trouve mis en avant, ses mécanismes de défenses vont fonctionner autrement, peut-être même plus du tout. Il est dans l’ambivalence, à la fois en quête d’étrange, de nouveauté, mais aussi accroché à lui-même sans ses protections habituelles. Une rencontre trop forte, inattendue, peut le submerger et lui poser une question trop forte, plus forte que n’importe quelle réponse, réponse qui serait de toute façon, à jamais défaillante.

Il arrive que voyage et pathologie se rencontrent, se frôlent. La beauté, l’art, une ambiance forte et particulière peuvent susciter des troubles plus ou moins importants.

Bien sûr il y a des lieux plus propices que d’autres aux émotions fortes. Les médias parlent régulièrement de Florence, de Jérusalem, de l’Inde.

Stendhal a eut le génie littéraire de décrire, de comprendre le mécanisme du trouble en voyage devant la beauté. Peut-être que l'expérience décrite dans ses journaux de voyage ne lui est jamais arrivée. Peu importe. Ce qu’il nous livre a donné son nom à un ensemble de manifestations pathologiques retrouvées chez de nombreux patients hospitalisés aux urgences psychiatriques de l’hôpital Santa Maria Nuova à Florence..

Syndrome de Stendhal. C’est sous ce nom que Graziella Magherini, psychiatre à Florence, a réuni les diverses formes que peut prendre ce syndrome: déséquilibre momentané, crises d’angoisses, intenses dérangements somatiques, actes étranges, sensations de dépersonnalisation, idées interprétatives sur la réalité pouvant aller jusqu’à des bouffées délirantes aiguës.

Ce qui rapproche ces touristes qui se retrouvent aux urgences psychiatriques, c’est que les symptômes arrivent tous lors d’une confrontation directe avec une œuvre d’art, une ambiance, qui amplifie la perception esthétique.

Par exemple, le David, de Donatello a vu plusieurs touristes se déshabiller devant lui, d’autres se sont couchés par terre en tremblant, d’autres encore se sont évanouis. Le Bacchus, du Caravage, a été lui aussi, à l’origine de beaucoup de troubles.

A partir des dizaines de personnes amenées aux urgences, il a été possible de repérer qu’il s’agissait en général d’hommes ou de femmes entre vingt et quarante ans, normaux, ne possédant pas une culture très étendue, voyageant à l’écart des groupes. Ils n’ont pas d’antécédents psychiatriques. Ces troubles sont rapidement résolus, la meilleure thérapie étant le retour dans le pays d’origine.

C’est dans Rome, Naples, Florence, que Stendhal écrit le 22 Janvier 1917:

«Enfin, je suis arrivé à Santa Croce. Là, à droite de la porte, est le tombeau de Michel Ange; plus loin, voilà le tombeau d’Alfieri par Cavona. J’aperçois le tombeau de Machiavel; et, vis à vis de Michel Ange, repose Galilée.. Quelle étonnante réunion ! Mon émotion est si profonde, qu’elle va presque jusqu’à la piété. Le sombre religieux de cette église, son toit en simple charpente, sa façade non terminée, tout cela parle vivement à mon âme.»

Stendhal se fait ouvrir par un moine la chapelle où se trouvent les fresques du Volterrano: c'est là que nous entrons dans le vif du sujet, il écrit:

«Là, assis sur le marchepied d’un prie-Dieu, j'ai la tête renversée et appuyée sur le pupitre, pour pouvoir regarder au plafond. Les Sybilles du Volterrano m’ont donné peut-être le plus vif plaisir que la peinture m’ait jamais fait. J’étais dans une sorte d’extase, par l’idée d’être à Florence, et le voisinage des grands hommes dont je venais de voir les tombeaux. Absorbé dans la contemplation de la beauté sublime, je la voyais de près, je la touchais pour ainsi dire. J’étais arrivé à ce point d’émotion où se rencontrent les sensations célestes données par les beaux-arts et les sentiments passionnés. En sortant de Santa Croce, j’avais un battement de coeur, ce qu’on appelle les nerfs à Berlin. La vie était épuisée chez moi, je marchais avec la crainte de tomber».

Pourtant, Stendhal retrouve esprits. En sortant de Santa Croce il va s’asseoir sur un banc et tire de son portefeuille des vers d’un poète. Il va lire et relire les vers de Foscolo avec délice. Ugo Foscolo écrivain italien, mort en 1827, est un des premiers poètes de l’Italie moderne. Il est remarqué pour son ton ardent et héroïque, pour son culte des morts et du souvenir.

Stendhal, pour sortir de son trouble, avait besoin, nous explique t-il de la voix d’un ami partageant son émotion. Les vers qu’il lit n’ont pas de défaut à ses yeux. Ils nomment avec grâce, mais surtout avec des mots, ce qui peut rendre fou : ce qui se cache derrière ces tombeaux somptueux et écrasants, derrières ces toiles imposantes, derrière ces femmes : Les Sybilles, au don rare de prédire l’avenir.

C’est justement ce que les touristes n’ont pas pu faire, dire, symboliser leur émotion. Ils ont reconnu quelque chose et n’ont pas pu le nommer. Quelque chose déjà en eux. Ils se sont retrouvés dans un lieu où la concentration de beauté a été trop forte. Le voyageur solitaire s’est trouvé dans une sorte de folie du voir. Il a Subi son émotion esthétique sans pouvoir ni l’élaborer, ni la sublimer. Il aurait fallu sans doute mettre des mots.

Faut-il se méfier du regard?

Ailleurs, loin de chez soi, les choses que l’on remarque, celles qui font de l’effet, sont peut-être bien celles que l’on a déjà dans la tête. Elles sont là d’une autre façon, mais déjà là.

L’étrange, c’est de rencontrer au-dehors cet intime que l’on détient à l’intérieur. Surtout, si on ne peut pas le nommer.

Florence est une ville inscrite dans l'histoire, dans la culture, dans l’art, dans l’art et la religion, dans l’art et la mort. Le touriste est écrasé par la concentration de beauté à Florence, il est dans la folie du voir. Ce qu’il voit présente et cache ce qu'il ne peut nommer. Il ne maîtrise pas ce qu'il ne peut pas dire. Il y a un excès de quelque chose, de désir ? de jouissance ? Il reconnaît, mais il ne sait pas quoi. Quelque chose de déjà là en lui sans doute. Il ne trouve pas d’issue, il rencontre de l’intime dans de l’étranger, il tombe dans la toile.. Le touriste qui décompense n'est pas Stendhal, il subit son émotion esthétique sans pouvoir la déchiffrer. Il n'arrive pas à l'élaborer, ni à la sublimer. L'absence de limites, la perte des repères, font que le regard ne suffit pas à ce qu’il voit.

A Florence, le visiteur est dans la folie du voir, mais là, la folie tourne à l ’angoisse. Le regard est passé ailleurs et celui qui regarde ne peut articuler une parole, ne peut symboliser ce qui l’envahit. Quelque chose est revenu brutalement dans sa réalité par le hasard d’une rencontre avec un objet esthétique.

C’est la parole, la critique, le discours qui dé-fascine, qui fait participer à un événement. C’est comme s’il fallait produire du sens pour échapper à l’engloutissement.

Qu’est-ce que cela représente de quitter son univers quotidien, devenir étranger à sa langue et devenir celui, ou celle, qui voit? Pourquoi est-ce qu’il arrive que l’on bascule dans ce que l’on voit? Que se passe-t-il au moment où le regard sur l’esthétique finit d’être un plaisir ?

Il est clair qu’en voyage nous entretenons d’autres rapports avec nous-mêmes, avec nos sens. Dans un pays étranger, étrange peut-être, où l’on ne comprend ni la langue, ni parfois l’écriture, les odeurs, les couleurs, l’imaginaire prennent une autre intensité. Sous des chocs émotionnels dus à des perceptions nouvelles resurgissent d’anciennes émotions. Le regard se pose très au-delà du visible, au-delà de la jouissance esthétique, au-delà des tableaux, du site, des fresques. Il se pose dans un mouvement de retour vers de l’archaïque, là, juste là, où il n’y a pas de mots. La fresque ou le lieu, deviennent porteurs d’une énigme inaccessible qui touche à ce que nous ignorons en nous. Tout est là, sous le regard, offert, et pourtant il y a de l'énigme.

Le trouble qui réunit ces voyageurs, dans un malaise léger ou dans un symptôme psychopathologique plus lourd, renvoie au regard, à un faux pas du regard, à un moment où l’on s’y attend le moins. Les visiteurs sont tout à fait équilibrés en arrivant et ils sont souvent rapidement guéris en quittant les lieux pathogènes.

© Françoise CLOAREC 2006

Françoise Cloarec est écrivaine et psychanalyste. Docteur en psychopathologie, diplômée de l'École des Beaux Arts de Paris, elle est l'auteur de plusieurs livres parus aux éditions L'Harmattan: Bîmâristâns, lieux de folie et de sagesse; Syrie, un voyage en soi; Le Caravansérail; Le Temps des consuls; Désorientée, les routes incertaines. Voir la bibliographie complète sur le site de l'auteur, où l'on apprendra que Françoise Cloarec est aussi peintre et illustratrice de contes.


Stendhal en voyage: Citations


Voici un florilège de citations de Stendhal sur le voyage. Au hasard des lectures, et des sites spécialisés dans les citations.

«Ce que j'aime à voir dans une ville, ce sont ses habitants.»

«Je voyage non pour connaître mais pour me faire plaisir.»

«Pour peu que l’homme qui me répond soit emphatique et ridicule, je ne pense plus qu’à me moquer de lui, et l’intérêt du paysage s’évanouit pour toujours ».

«Un journal de voyage doit être plein de sensation. »

«Je ne prétends pas dire ce que sont les choses, je raconte la sensation qu’elles me firent ».

«Les rives de la Saône, à deux lieus au-dessus de Lyon, sont pittoresques, singulières, fort agréables.»

«Je suis passionné par les voyages en ce moment. Quand on sait voyager, cela fait bien connaître les hommes.»

«Ce voyage m’a fait voir des choses qu’un homme de lettres sédentaire ne devinerait pas en mille ans.»

«J’aime les beaux paysages. Ils font quelquefois sur mon âme le même effet qu’un archer bien manié sur un violon sonore; ils augmentent ma joie et rendent le bonheur plus supportable.»

«J’ouvre la lettre qui m’accorde un congé de quatre mois. Transports de joie, battement de cœur. Que je suis encore fou à vingt-six ans! Je verrai donc cette belle Italie.»

«Le caractère de la beauté en Italie, c’est le petit nombre des détails et, par conséquent, la grandeur des contours.»

«Depuis que j'ai vu Milan et l'Italie, tout ce que je vois me rebute par la grossièreté »

«Bologne a, ce me semble, beaucoup plus d'esprit, de feu et d'originalité que Milan. Mais l'amour ne se commande pas; mon cœur a été pris par la douceur et le naturel des manières milanaises.»

«Milan, 24 septembre 1816. J’arrive, à sept heures du soir, harassé de fatigue ; je cours à la Scala.»

«Tout est pauvre au théâtre de Florence, habits, décorations, chanteurs: c'est comme une ville de France de troisième ordre.»

«En sortant de Santa Croce, j’avais un battement de cœur; la vie était épuisée chez moi, je marchais avec la crainte de tomber.»

«Montez dans votre calèche, et, suivant que vous vous sentirez disposé à ressentir le beau inculte et terrible, ou le beau joli et arrangé, faites-vous conduire au Colisée ou à Saint-Pierre.»

«Si l’étranger qui entre dans Saint-Pierre entreprend de tout voir, il prend un mal de tête fou, et bientôt la satiété et la douleur rendent incapable de tout plaisir.»

«Nous voyageons pour voir des choses nouvelles, non pas des peuplades barbares comme le curieux intrépide qui pénètre dans les montagnes du Tibet, ou qui va débarquer aux îles de la mer du Sud.»

«Comme de vrais philosophes, chaque jour nous ferons ce qui nous semblera le plus agréable ce jour-là.»

«Ce que j'aime dans les voyages, c'est l'étonnement du retour.»


Bibliographie

(outre les livres de et sur Stendhal cités ci-dessus)

De Stendhal

Les œuvres sont disponibles dans la Pléiade / Gallimard en plusieurs volumes :

Œuvres intimes: Journal ; Histoire d’une partie de ma vie ; Souvenirs d’égotisme ; Vie de Henri Brulard.

Œuvres romanesques: Armance ; le Rouge et le Noir ; La Chartreuse de Parme ; Chroniques italiennes.

Voyages: Voyages en France ; voyages en Italie.

Les œuvres essentielles se trouvent dans de nombreuses collections de poche.

Sur Stendhal

Stendhal. La révolte et les rêves, Collectif, chez Glénat 2006. Une bio illustrée, par un éditeur grenoblois, la ville de naissance de Stendhal.

Stendhal, par Claude Roy, aux éditions du Seuil, collection Ecrivains de toujours

Littérature et sensation, Stendhal, Flaubert, par Jean-Pierre Richard, éditions du Seuil, collection Points essai.

Lac de Côme. Sur les traces de Stendhal... Longtemps séjour obligé du cosmopolitisme élégant, il est devenu but de pèlerinage pour les fervents de littérature, qu'il s'agisse de Stendhal, dont le souvenir est désormais inséparable de ces eaux alpestres et musicales, de Flaubert, de Taine, de Barrès, de James, de Morand et de tant d'autres. Le présent ouvrage invite à une libre promenade le long de ces rives. La Renaissance du livre 2002, collection l’Esprit des lieux.


Les sites consacrés à Stendhal, à son œuvres, à ses voyages

Une biographie sur Mémo le site de l'histoire - L'article Stendhal sur Wikipedia - L'article Stendhal de l'encyclopédie Agora

Textes en ligne

Les textes disponibles sur le serveur de l’ABU dont: Mémoires d'un touriste (Voyage en Bretagne et en Normandie) (1838)

Stendhal et le livre de voyage romantique

Stendhal «la révolte des rêves», L’enfance – les femmes - Les arts – la politique – les voyages... un superbe site pour une exposition (dont quelques photos illustrent cette page)

Henri Beyle à la conquête de Stendhal, une autre exposition (université Paris 12)

Voyage en Stendhalie

Sur le site de Rhône-Alpes - Sur Armance, et le blog de l'actualité Stendhalienne - L'Association des amis de Stendhal - Les lieux stendhaliens sur Terres d'écrivains

Les voyages et les voyageurs

Les voyages de Prosper Mérimée à travers la France - Les voyages en Italie, sur le site de la BNF - Un voyage organisé sur les traces de Stendhal (Milan, lac de Côme et Parme) - Les mémoires d'un touriste pour collectionneur - Angoulême vue par Stendhal


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