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Dans les pas de Paul-Émile VICTOR |
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Textes et photos de ce dossier: © Stéphane Victor, avec l'autorisation de l'auteur |
Vers un réchauffement climatique?Stéphane DUGAST et Stéphane VICTOR Photographies de Xavier DESMIER Préface de Nicolas HULOT Éditions Michel Lafon. |
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Paul-Émile Victor est né le 28 juin 1907. Il y cent ans. C'est l'un des explorateurs de l'extrême, de l'Arctique à l'Antarctique, du pôle Sud au pôle Nord, un nom connu de tous les français. C'est aussi, et on l'oublie trop souvent, un pionnier de l'écologie. Autour de Stéphane VICTOR, l'un de ses fils, une équipe a refait le chemin. Et arrive à des constats tout aussi alarmants. Le point de vue de l'éditeur. A coeur de panoramas féeriques vit la plus fascinante civilisation du froid: les Esquimaux, mieux nommés les Inuits - qui signifie «êtres vivants». Vivant de la pêche du phoque et de la chasse, ils se déplacent en traîneaux. Soixante dix ans après son père, Stéphane Victor et ses compagnons reporters et photographes refont le chemin parcouru par le grand explorateur lors de ses séjours au Groenland oriental entre 1934 et 1937. Comparant les photographies de Paul-Émile Victor à celles d'aujourd'hui, ils font le constat du changement climatique et de la fonte des glaciers déjà annoncé à l'époque par l'aventurier. A la beauté des paysages que nous offre ce magnifique livre humaniste se mêle l'amour et l'admiration d'un fils «marchant dans les pas de son père». |
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Extraits du texte de Stéphane VIctor. |
«Même en compagnie de Tobias Igniatussen, chasseur et guide Inuit parmi les plus réputés, un voyage au Groenland oriental peut s'avérer périlleux. Bien que situé seulement à une cinquantaine de kilomètres au nord-ouest de Tasülaq, nous mettrons deux jours en traîneau pour atteindre le village de Tiniteqilaaq. Une tempête de neige e provenance de la calotte glaciaire et une épaisse poudreuse ont rendu la progression des chiens et des hommes ardue. C'est dans cette univers parmi les plus hostiles de notre planète qu'on survécu les chasseurs d'Ammassalik et leurs ancêtres depuis des millénaires.»
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«C'est le premier moment où je ressens réellement quelque chose. Ce village bordé par le fjord de Sermilik est magnifique. De gros icebergs aux couleurs turquoise et blanc, dans une ambiance argentée grise, circulent dans ce bras de mer. Je reste des heures à contempler ce paysage si pur. Je commence à comprendre mon père.» |
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Paul Émile VICTOR |
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«Bientôt 20 heures. Droit devant, deux lumières lointaines perdues dans la brume. Le village de Tiniteqilaaq n'est plus bien loin. Lancé à folle allure, le traîneau dévale la pente. Les chiens, exténués il y a encore quelques minutes, galopent et tirent sur leur harnais avec énergie. Les mains gelées, je m'agrippe aux parois en bois glacées du traîneau pour ne pas être éjecté. Assis sur l'avant, je tente de trouver la position la plus confortable afin de soulager muscles et os meurtris. La journée d'aujourd"hui a été longue et harassante. Un concert d'aboiements nous accueille. Accrochées sur les collines, des maisons danoises en bois aux façades multicolores comme à Tasiilaq-la-grande-ville. Tobias stoppe son attelage au pied d'un groupe d'habitations. Déchargement des traîneaux et acheminements de nos sacs 50 mètres plus haut devant une maison à la façade rose défraîchie. Nos effets trempés sèchent. Dîner après nettoyage de notre sac bouffe: une conserve de hareng fumé à l'huile n'a pas supporté les tressautements du traîneau et s'est répandue dans tout le sac. Le confort est sommaire dans la maison de Tobias. Ni lits, ni meubles, ni décorations. - C'est une maison appartenant à la famille de ma femme. Nous finirons son aménagement l'été prochain, énonce Tobias. Repas chaud et copieux. Jamais une soupe lyophilisée n'a été un tel régal. Les paupières deviennent vite lourdes. Inutile de compter les moutons ce soir. Au bout de 30 secondes à peine, je plonge dans un profond sommeil. Xavier aussi. Tobias ronfle déjà! Fin de notre première étape. A ce rythme-là, notre voyage hivernal Dans les pas de Paul-Émile Victor s'annonce éprouvant...» |
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Stéphane VICTOR |
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>>> Paul Émile VICTOR sur le Net |
> Le site Dans les pas de Paul Émile Victor présente l'expédition au Groenland oriental soixante dix ans après celle de PEV. > Le site officiel de PEV - http://www.paulemilevictor.fr/ > Le Centre Polaire Paul Émile VICTOR de Prémanon (Jura) http://www.centrepev.com/ > L'Institut Polaire Français http://www.institut-polaire.fr/ > L'Année polaire internationale et une exposition au Palais de la découverte du 13/06/2007 au 06/08/2008. Autre site intéressant: http://www.transpolair.com/index.htm Bibliographie Paul-Émile VICTOR > voir ici et petite bibliographie «indispensable» à consulter sur cette page.
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A feuilleter...
De l’ethnologue à l’ Éditions Ouest France 2006 |
Paul-Émile Victor Voyage(s) d'un humaniste. Dessins, croquis et autres doudlingesLe point de vue de l'éditeur.Réunie par sa fille et publiée pour la première fois, cette partie des peintures et dessins de Paul-Émile Victor constitue un témoignage unique de cet anti-artiste, entre figuration et abstraction.Paul-Émile Victor, explorateur de terre(s) et d'art(s), est un « regardeur» qui érige en art tout ce qu'il voit. Influencé par Duchamp, Cocteau, Hundertwasser, Miro... et riche de son propre imaginaire, l'artiste Paul-Émile Victor nous ouvre le champ des possibles comme il avait repoussé notre ligne d'horizon«Ce n'est pas ce que nous sommes qui nous empêche de réaliser nos rêves. C'est ce que nous croyons que nous ne sommes pas.» (Paul-Émile Victor).«Ce livre suit le(s) voyage(s) de mon père à travers soixante-dix ans de ses dessins (1923-1992), légendés par des extraits de ses textes. On découvre alors, au fil des pages, le passage de l'ethnologue à l'artiste, mais aussi la construction d'un homme au cours de son voyage de vie.» (Daphné Victor). |
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Extrait de |
Paul-Émile VICTOR - Aventure Esquimau |
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Aventure Esquimau. Paul-Émile Victor. Éditions de l'Aube. |
Aventure esquimau est le journal de bord écrit au cours d'une année passée au Groenland en 1936-37, seul parmi les Esquimaux, de l'explorateur polaire Paul-Émile Victor.Pour le jeune ethnologue d'alors, il s'agit de s'imprégner,
dans un milieu doublement étranger, par sa nature et sa culture, de la
perception du monde de l'Autre et de la resituer. C'est ce que réussit
pleinement Paul-Émile Victor, avec l'intelligence de l'ensemble et la
finesse du détail. Mais Aventure esquimau est aussi le récit d'un
apprentissage, aussi bien celui de soi-même que de ceux ayant le goût
de l'action qui s'impose dans des conditions propres à tester la fermeté
du caractère.
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Paul-Émile Victor, né en 1907, s'est inscrit dans la légende de notre siècle comme explorateur, ethnologue et scientifique. Défricheur du Groenland dès 1934, il crée les Expéditions Polaires Françaises en 1947. De la Terre Adélie au Pole Nord, plus de 5000 personnes ont collaboré avec lui. Humaniste et poète, Paul-Émile Victor a su transformer ses rêves en réalité, son expérience en cri d'alarme pour la protection de notre patrimoine à tous, la terre. |
Jeudi 3 décembre 1936 Le fjord est en train de se couvrir de glace. De la belle glace uniforme avance lentement, gagnant du terrain, face au vent. Les petites vagues soulevées par celui-ci viennent se briser en embruns sur le bord de la glace et collaborent ainsi à sa formation. De l'observatoire, nous voyons les glaces compactes, quoique encore assez éloignées de la côte, oblitérer la mer jusqu'a l'horizon. Vendredi 4 décembre 1936 C'est aujourd'hui, 4 décembre 1936, que pour la première fois cette année, nous avons pu chasser à nouveau sur la glace. Départ ce matin avant le petit jour vers neuf heures et demie, avec nos kayaks sur les traîneaux que nous poussions. La première, dérouté par cette glace jeune et fraîche dont j'avais perdu l'habitude, je ne me sens pas à l'aise du tout sur cette mer blanche, glissant à chaque pas. Mais l'habitude revient vite. Tout d'abord, c'est le traîneau qui sert de pont pour passer par-dessus les bras de mer non encore gelés. Puis, quand ceux-ci sont trop larges, nous entrons dans nos kayaks. Puis, de l'autre bord, nous tirons les traîneaux jusqu'à nous. L'attention que nous devons avoir est si grande que je remarque presque pas l'alpen-glühn de l'autre côté du fjord. Et pourtant, je laisse courir mon imagination et essaie de me représenter l'aspect du fjord quand il sera pris entièrement dans les glaces. J'ai failli prendre un bain en montant sur un petit iceberg pour chercher le meilleur passage vers la terre. Le bord de la glace fraîche s'affaissa sous mes pieds et je n'ai eu que le temps de m'accrocher. Avec mes gants de laine, la prise était mauvaise et je sentais mes doigts glisser. Un violent effort me rétablit sur la glace. Là où j'avais posé les pieds, il n'y avait plus qu'un trou noir. J'ai dû attendre, pour descendre, que la houle, qui soulevait en logues ondulations toute cette glace, rapprochât mon glaçon du fjord plus solide. J'ai fini par faire l'affût tout au bord de la jeune glace, à quelques vingt mètres de la mer libre, balancé par la houle comme dans un canot. |
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>>> Extrait du chapitre IX p139 des éditions de l'Aube
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Samedi 5 décembre 1936 5 heures du matin - Je me réveille. LA petite lampe à huile de Tekri est allumée. Il est en train d'écrire. Depuis un mois, il écrit toute la journée sur les faits divers de la maison et tous les récits traditionnels que Kristian lui raconte longuement chaque soir. Cela me fera une bien belle documentation au bout de l'année. A mon retour de la chasse, Kara me dit: - Donne moi ta pipe. Je la prends, suspendue à un clou fiché dans le mur, au-dessus de la plate-forme. Il reste encore un peu de tabac et des cendres. Cela lui fera une belle chique. - Merci, dit-elle en me la rendant. Elle l'a bourrée de tabac qui provient des nombreux mégots de cigarettes qu'elle a collectionnés cet automne dans ce but. Dimanche 6 décembre 1936 Chassé le phoque à l'affût au bord de la glace. Paoda a son anniversaire aujourd'hui. Mikidi se livre à toutes sortes de préparatifs chez moi. Il enveloppe dans du papier journal les bas, le pull-over et les serviettes que je lui ai donnés pour cette occasion, de même que de superbes boucles d'oreilles vertes qu'il achetées cet été au comptoir. Il existe une légende concernant les Kratouna. (1) Il y avait deux maisons de Kratouna à Kouminn et une famille esquimau pas très loin de là. L'homme esquimau voulait avoir pour femme la femme de l'un des Kratouna. Par jalousie il mit le feu à la roussaille qui couvrait Kouminn et c'est ce qui obligea les Kratouna à fuir. (1) Les Blancs, les Kratoua, existaient dans les légendes sous forme d'un peuple féroce qui viendrait de partout et exterminerait tous les esquimaux jusqu'au dernier.Lundi 7 décembre 1936 6 heures 45 - Je me réveille. Toute la maison est encore sombre. Dehors il fait nuit. Mais comme il y a un peu de lune, la couche de neige fraîche apparaît, blanche, le long de la fenêtre/ Je m'assied sur la plate-forme et je regarde par les carreaux. Sur mon traîneau, il y a plus de trente centimètres de neige tombée cette nuit. Il fait un temps splendide sans un nuage. Tout est calme. Les chiens dorment en boule. Seules Ekridi et Timertsît jouent. |
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