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Élise, Thomas et Louis-Marie Blanchard - Nomades et caravanes d'Orient |
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Nomades et caravanes d’Orient, de Élise, Thomas et Louis-Marie Blanchard, aux éditions Aubanel, 2007>>> Le site des productions Blanchard Les Blanchard sont des écrivains, des cinéastes (films sur le Tibet, la Mongolie, la Route de la soie) et des voyageurs. Ils sont disponibles pour des conférences et des expositions. N'hésitez pas à les contacter. «La route de la soie, cinq petits mots qui depuis toujours ont fait chanter mon imagination. Je voyais des caravanes de chameaux, pareilles à celles des rois mages, chargées de soieries merveilleuses, d’épices rares, de jade précieux. J’imaginais ces cortèges fabuleux, sillonnant la route pendant plusieurs mois, le jour sous un soleil brûlant, la nuit sous le ciel étoilé. Il fallait aller voir, confronter le rêve et les livres avec la réalité.» Anne Philipe, Caravanes d’Asie, 1948 |
IntroductionEn parcourant les routes et les chemins de l’Orient, on se prend à imaginer la vie des caravaniers d’autrefois, qui mettaient des mois, parfois des années, à rejoindre par des pistes difficiles des destinations entourées de mystère. Tous ceux qui ont relaté leurs aventures le long de ces routes, ont bien fait ressentir ce sentiment d’espace infini, de solitude absolue, et aussi la magie de ces déserts et montagnes enneigées qui barraient l’horizon. Aux confins de la Chine, de l’Asie Centrale et de l’Inde, marchands, pèlerins, ambassadeurs et peuples nomades, ont durant des siècles, acheminé soie, bijoux, thé et épices, mais aussi religions, connaissances géographiques et savoir-faire dans les fabuleux bazars de Kachgar, de Boukhara, ou de Constantinople. Marchands, Caravanes et Bazars - L’âme de la Route de la soieJusqu’à la fin du 19ème siècle, peu de gens s’aventurent sur les routes pour des voyages lointains; on se déplace pour remplir une mission, en tant que marchand ou ambassadeur, ou pour accomplir un pèlerinage. Bien souvent, religions et philosophies empruntent les routes commerciales ; missionnaires, pèlerins, étudiants suivent le sillage des marchands, se joignant à leurs caravanes, parcourant parfois des milliers de kilomètres pour atteindre une ville sainte, une medersa (école coranique), ou un monastère. Les grandes routes de pèlerinage engendrent un fructueux trafic de marchandises, et les villes saintes de Kerbala ou de la Mecque, tout comme les grands monastères bouddhistes du Tibet, deviennent d'importants centres de commerce. Musiciens, comédiens, bateleurs accompagnent les marchands de ville en ville, exerçant leurs talents sur les places de marchés ou à la cour des princes, et au Moyen-âge, le monde musulman connaît ses premiers touristes, qui voyagent pour leur agrément ; on les appelle « ibn-al-ard », fils de la terre. Ibn Battuta, le «prince des voyageurs», parti de Tanger, visite ainsi la quasi totalité du monde musulman, du Maghreb à Sumatra en passant par l’Asie Centrale. Les marchands, qui sont les seuls à bien connaître les réseaux de pistes caravanières, et qui possèdent des contacts en terres étrangères, font à l'occasion office de traducteurs, d'interprètes, d'espions ou d'ambassadeurs. Mais la plupart d’entre eux ne s'aventurent pas au delà des territoires qu'ils connaissent bien : les romains s'approvisionnent à Antioche ou à Palmyre, et y laissent une grande quantité de métaux précieux ; les Chinois s’avancent rarement au delà du Taklamakan et du Pamir, et revendent leurs marchandises aux Sogdiens d’Asie Centrale ou aux Persans. En général, les commerçants ne divulguent pas leurs itinéraires, et veillent au secret professionnel ; on trouve cependant, dès l'antiquité, quelques ouvrages de géographie et de commerce, ancêtres lointains de nos guides de voyage : en 851 paraît une « relation de la Chine et de l'Inde », sorte de guide rédigé d'après le récit de plusieurs marchands ; au 14ème siècle, l'Italien Pegolotti rédige une « pratique du commerce ». Mais le récit le plus fameux fut bien sûr celui de Marco Polo, qui rencontre un succès considérable ; cependant, comme beaucoup de récits de cette époque, il est emprunt de merveilleux, décrit des dragons et des créatures fabuleuses, des chiens qui parlent, des déserts envahis par les mauvais génies et des pays de Cocagne... Plus le trajet est long, plus on choisit pour le commerce des objets de haute valeur et de peu de poids : épices, parfums, soieries ou pierres précieuses ; au Moyen-âge, des banquiers de Bagdad inventent la lettre de crédit, ancêtre du chèque, afin d'éviter que les marchands ne transportent sur eux de trop grosses sommes d'argent. Le commerce ancien répond aux mêmes définitions que celui d'aujourd'hui : un monde de monopoles, de concurrence, de passages obligés et de contrôles de douanes, où l'on n'hésite pas à provoquer un conflit pour raisons commerciales. |
«L’hospitalité pour les voyageurs est chez les orientaux une tradition séculaire. Dans les grandes villes d’orient, principalement dans celles qui sont des villes saintes, il existe de vastes et somptueux caravansérails, fondés par des princes ou de riches négociants, et où tous les coreligionnaires du fondateur sont hébergés gratis pendant le séjour qu’il leur plaît de faire dans la ville.» Guillaume Lejean: Voyage dans la Babylonie, 1866 |
«Ces marchands parlent arabe, persan, byzantin, franc, espagnol et slave. Ils voyagent d'ouest en est et d'est en ouest, partiellement sur terre, partiellement sur mer. Ils transportent depuis l'occident des eunuques, des femmes réduites en esclavage, des garçons, des soieries, des castors, des martres et d'autres fourrures, et des épées. [...] ils chargent leurs biens à dos de chameau et vont par terre jusqu'à Al-Kolzum (Suez). Ils embarquent sur la mer Rouge et naviguent jusqu'à Sind, en Inde et en Chine. Sur le chemin du retour de Chine, ils emportent du musc et de l'aloès, du camphre, de la cannelle. Ces voyages peuvent aussi être faits par voie de terre... » Allah Ibn Khordadbeh, « Livre des routes et des royaumes», 9ème siècle.
Les Caravansérails «Le caravansérail de Nasr Abad est une immense construction quadrangulaire, dont le centre est occupé par une cour, entourée d’arcades. Derrière ces arcades se trouvent les écuries, disposées dans des galeries voûtées. Un passage ménagé au centre des galeries dessert tout à la fois les estrades réservées aux muletiers, et les boxes dans lesquels on enferme les chevaux. En été les voyageurs de distinction occupent pendant la journée les Zir Zamin, creusées à cinq ou six mètres au-dessous du sol. La fraîcheur est délicieuse dans ces caves, où pénètre un demi-jour qui incite au repos.» Jane Dieulafoy, Une Amazone en orient, du Caucase à Persépolis (1881-1882) |
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Les plus grandes caravanes réunissent plusieurs centaines de marchands et de pèlerins, et autant de chameaux ou de yacks; une escorte armée de gardes ou de mercenaires, des guides, cuisiniers et hommes de main les accompagnent : il importe donc de ne pas négliger l’intendance. Des volailles et des moutons sur pieds suivent la caravane, et la veille du départ, on charge sur les chameaux des outres de cuir remplies d’eau, de miel ou de beurre, des sacs de viande séchée, de riz et de farine, des fruits secs et du fromage. Tout cela s’ajoute aux marchandises destinées à la vente : ballots de coton ou de laine, sacs de tissus précieux, coffrets de pierres et de bijoux, boîtes en plomb portant les fruits et les épices. Chargés de deux cent cinquante kilos, les chameaux peuvent parcourir une trentaine de kilomètres par jour lorsque la piste est bonne ; seulement une dizaine en terrain difficile. L’été, les caravanes s’ébranlent avant l’aube, pour profiter de la fraîcheur du petit matin, et parviennent à l’étape en début d’après-midi ; en hiver, elles marchent au contraire aux heures chaudes. Les grands axes sont en général bien entretenus, pourvus de points d'eau et de caravansérails réguliers ; l'affaire se corse lorsqu'il faut franchir de hauts cols de montagne, passer à gué des fleuves mugissants ou traverser des déserts interminables où sévit la tempête... Il faut aussi compter avec les brigands, nomades tibétains, turkmènes ou Bédouins qui organisent des razzias et pillent les caravanes. Des éclaireurs, qui connaissent bien la région, partent en avant pour anticiper les dangers de la route et préparer l'arrivée à l'étape. |
Contrat de location d’un chameau de caravane «Par le présent contrat, il est dit que je m’engage à vous louer un chameau de huit ans, le prix de la location a été fixé à une pièce de soie grège, s’il arrive que le chameau soit blessé ou perdu en cours de route, le prix de location restera acquis au propriétaire, et le locataire devra restituer un chameau identique. S’il arrive malheur au locataire, au cours du déplacement, son fils devra fournir au propriétaire un chameau de qualité identique. Si la bête tombe malade en cours de route, trois caravaniers devront en témoigner.» Manuscrit chinois de Dunhuang, fond Paul Pelliot, 850
L’organisation des caravanes «Cent beaux pages et cent belles esclaves chinoises, cent chameaux chargés de soieries chinoises, cent chameaux chargés de porcelaines chinoises, cent chameaux chargés d’armures d’acier, cent chameaux chargés d’épices.» Chronique de Mohamed Kazim, Caravane envoyée par l’empereur chinois Kien-Long au khan de Perse Nadir Shah en 1746 |
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Extrait de >
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Nomades et caravanes d'Orient. Sur les routes de la soie, par Élise, Louis-Marie et Thomas BLANCHARD C'est un voyage de la Chine à la méditerranée, sur les
routes de la soie, du thé, du jade, des épices, de la laine, de l'or et
des chevaux, aux confins de la Chine, de l'Asie Centrale et de l'Inde. |
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